Un avant-goût des titres à paraître

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À défaut de véritable calendrier de l’Avent, Futuropolis vous propose d’ouvrir toutes les case d’un coup et de voir ce que nous vous réservons pour les mois de mars et d’avril…

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Attention, les dates de sortie sont susceptibles d’être modifiées, quant aux visuels mis en ligne, nous attirons votre attention sur le fait qu’ils ne sont pour la plupart pas dans leur version définitive. Maintenant que vous êtes prévenus, on vous dévoile tout de même ce qui est prévu en librairie à partir du mois de mars …

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En librairie le 5 mars

Le Voleur de livres, récit d’Alessandro Tota, dessin de Pierre Van Hove

« La poésie, c’est pour les cons ! » La vie est le terrain de jeu de l’art, l’imposture et la provocation sont les seules expressions artistiques possibles… Une comédie dramatique, drôle et féroce, dans le milieu littéraire parisien des années cinquante ! Premier livre de bande dessinée pour Pierre Van Hove ! Et déjà une grande réussite !

Dans le Paris des années cinquante, où règnent Sartre et l’existentialisme, nous faisons la connaissance de Daniel Brodin. Daniel aime les livres, au point de les voler. C’est un poète. Du moins le prétend-il. Au café Serbier, fréquenté par la fine fleur de la littérature parisienne, il est prié de déclamer un poème de sa composition. Il choisit un poème italien, pensant qu’il est inconnu de tous. C’est un plagiat, mais c’est un triomphe. Acclamations du public subjugué. C’est tout soudain la gloire pour Brodin ! Et cette imposture, considérée comme une véritable oeuvre d’art, va le faire accepter d’une bande de « débauchés », artistes libertaires, volontairement désoeuvrés, délinquants, voleurs, alcooliques, d’où émergent Gilles, la tête pensante, Jean-Michel, la tête de brute, Ed, la tête en l’air, et d’autres encore, tous plus singuliers les uns que les autres. Et puis il y a Colette, jolie tête bien pleine, dont Daniel tombe amoureux… La gloire de Daniel durera le temps des roses, jusqu’à ce que Jean-Michel le détrône, devenant à son tour la coqueluche du Tout-Paris littéraire. Et quand l’étoile de celui-ci ne briller a plus, il faudra bien se résoudre à vivre d’expédients, et les choses iront en se gâtant…

Le Voleur de livres a été prépublié dans la revue  numérique Professeur Cyclope et publié ici en version augmentée.

Pour en savoir plus sur le travail de Pierre Van Hove : http://pier-vanhove.blogspot.fr/

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Bumf, de Joe Sacco

Armée, politique, religion : Joe Sacco ne respecte rien ! Joe Sacco l’affirme haut et fort, « Bumf est un comics underground, dans l’esprit de ceux de Robert Crumb, qui ira là où il doit aller et fera ce qu’il a à faire ! ». Bien que Joe Sacco soit connu du monde entier pour ses ouvrages sérieux, tels Gaza 1956 ou Gorazde, Bumf nous ramène au début de sa carrière, à l’époque où il était un dessinateur humoristique underground. On y retrouve son amour du dessin et de la satire. Par avance, Joe s’excuse : « Les gens attendent bien mieux de moi. Après cela, il est peu probable que l’on me retrouve sur un timbre ! »

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or, la terre était informe, et vide ; les ténèbres couvraient l’abîme. Et l’Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux. Et Dieu dit alors : Que la lumière soit… Des millénaires plus tard, nous devons constater que cela a sacrément dérapé : pollution, violence, pauvreté, misère, corruption. C’est dans ce contexte particulier que le capitaine d’aviation Joe Sacco, de l’escadron 617, est amené à bombarder Téhéran. Fort heureusement, son véritable statut d’auteur de roman graphique est rapidement découvert et le voilà redevenu simple soldat. Il est l’assistant d’un colonel moustachu qui, pour défaire l’ennemi teuton, a décidé de «baiser le kaiser» et tous ses hommes. Dans cette optique il vit nu, prêt à en découdre.

Vous l’aurez compris, Bumf est avant tout un livre très drôle, trash, qui n’a pas peur d’être outrancier. Joe Sacco libère sa plume et son esprit pour nous faire part de ses considérations politiques et religieuses. Une vision décalée hilarante d’un demi siècle de politique américaine.

P.S.: « Bumf », cela veut dire P.Q., paperasses, journal de merde, quoi…(!)

Du même auteur, chez Futuropolis (rien à voir, mais rien-à-voir!!) : Gaza 1956, Jours de destruction, jours de révolte, avec Chris Hedges,  La Grande guerre, Reportages

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Sables noirs, de Troubs

Coincé entre la mer Caspienne, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, l’Iran et l’Afghanistan, le Turkménistan est l’un des états les plus secrets au monde. Dirigée par le chef du parti unique Gurbanguly Berdimuhamedow, l’ancienne république Soviétique a tissé des liens commerciaux avec la France. Et quelques liens culturels, permettant ainsi à Troubs de se rendre en 2009 dans ce mystérieux pays…

Lorsque Troubs arrive à Achgabat, la première question que lui posent les Turkmènes en découvrant sa nationalité est : « travaillez-vous pour Bouygues ? » Alors que la culture nationale semble se résumer à Gérard Depardieu et Pierre Richard, Troubs est l’invité du Centre culturel français pour superviser un recueil de poèmes de Jacques Prévert illustré par des artistes locaux. Un événement pour ce pays où quasiment l’unique livre du pays, avec le Coran, est Rhunama, écrit par l’ancien président.

Comme à son accoutumée, Troubs part à la rencontre des autochtones et nous fait voyager dans ce pays méconnu, avec sensibilité et humour. Au fil de ses pérégrinations, il découvre un pays contrasté, à l’architecture impressionnante et aux autoroutes vides, au désert peuplé de quelques yourtes et de chameaux.

De Troubs, chez Futuropolis : Le Paradis… en quelque sorte, Va’a, une saison aux Tuamotu, avec Benjamin Flao, Immigrants (collectif) et Rupestres! (collectif)

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En librairie le 26 mars

Les Ménines, récit Santiago Garcia, dessin de Javier Olivares

Alors qu’une exposition rétrospective exceptionnelle consacrée à Vélasquez, le peintre des peintres, va s’ouvrir en mars au Grand Palais à Paris, une bande dessinée revient sur la création de son chef d’oeuvre, Les Ménines et la perception de ce tableau par ses contemporains.

Durant des siècles, le tableau représentant la famille de Philippe IV d’Espagne a été le centre d’attraction du Musée du Prado à Madrid et a inspiré les artistes et les écrivains, à l’instar de La Joconde au Louvre. Cependant, Diego Vélasquez est l’un des peintres les plus mystérieux de son époque, et Les Ménines, son chef-d’oeuvre, sommet de la peinture baroque espagnole, est peut-être le plus étrange des tableaux de la peinture occidentale. Après avoir passé sa vie à la cour, au service de Philippe IV, Vélasquez est enfin nommé chevalier en 1658, malgré les protestations de la noblesse qui considère qu’un artiste ne peut être pareillement distingué.

Inspiré par ses faits historiques, Santiago García et Javier Olivares font également intervenir dans leur livre les réflexions d’autres artistes et intellectuels, tels Picasso, Buero Vallejo, Salvador Dali ou Foucault, sur Vélasquez et son oeuvre. Les Ménines n’est pas seulement l’histoire d’une oeuvre d’art, mais raconte également comment celle-ci se transforme en symbole. Paru en octobre en Espagne, le livre de Garcia et Olivares est considéré par beaucoup de critiques comme le meilleur roman graphique de l’année 2014.

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L’Échappée, de Grégory Mardon

L’herbe est-elle plus verte ailleurs ? Cette question, chacun de nous se la pose au moins une fois dans sa vie ! Grégory Mardon, en 220 planches muettes, tente d’y répondre à travers un récit drôle sur notre envie de changer de vie, de recherche du bonheur à tout prix…  qui peut se transformer en fuite en avant ?

Un homme, la quarantaine, marié, deux enfants, mène une vie bien réglée par un quotidien routinier dans une grande ville occidentale au bord de la mer. Lorsque, à l’occasion d’un petit pas de côté, il est attiré par l’horizon maritime qui se dégage entre deux immeubles et qu’il ne voyait plus. Sur un coup de tête, il décide de prendre un billet sur un paquebot pour partir ailleurs. Hélas, ce bateau est pris dans une violente tempête. Seul rescapé, le voici naufragé sur une ile où habite une communauté très particulière. Les membres de cette communauté vivent dans une harmonie provoquée par des médicaments qui les rendent « heureux », à priori. Il va partager cette harmonie (médicamenteuse) jusqu’au jour où il ne prend pas ses médicaments par accident, et retrouve son libre arbitre. Il décide de s’enfuir à nouveau… mais là encore…

Du même auteur, chez Futuropolis : Le Fils de l’ogre et Sarah Cole

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En librairie le 2 avril

Un certain Cervantès, de Christian Lax

 De retour d’Afghanistan, où il a laissé un bras, Mike Cervantès découvre le Don Quichotte de son illustre homonyme : c’est une révélation! En butte aux inquisitions d’aujourd’hui, révolté contre la société ultralibérale qui broie les vies des plus faibles, Mike part en lutte contre les injustices : il sera, en quelque sorte, le Don Quichotte des temps modernes ! Joyeux et désespéré, doux et violent, tragique et drôle, d’une grande force d’évocation, Un certain Cervantès est l’œuvre magnifique et vivante d’un auteur au sommet de son art !

Cervantès, Mike de son prénom, est un jeune homme plutôt paisible. Pour éviter de menus ennuis avec la police, il s’engage dans l’armée, et le voici GI en Afghanistan. Fait prisonnier par les talibans, évadé, repris, maltraité, il est amputé d’un bras. Exactement comme cet autre Cervantès, Miguel de son nom de baptême, futur auteur de Don Quichotte, qui perdit l’usage de sa main gauche au cours de la fameuse bataille de Lépante le 7 octobre 1571. De retour au pays, à Jerome en Arizona, Mike, comme beaucoup de ces « revenants » de la guerre, se sent déboussolé, devient irritable, oscille entre accès de violence et moments de dépression. Révolté contre une société dure pour les faibles, fou de rage il détruit une succursale de banque, et se retrouve en prison. C’est au pénitencier du comté, où il purge sa peine, qu’il se plonge dans la lecture et découvre, émerveillé, l’œuvre de son illustre homonyme, Miguel de Cervantès. C’est une révélation : Mike  sera le Don Quichotte des temps modernes, en butte à toutes les inquisitions contemporaines, économique, politique ou religieuse, et en lutte contre toutes les formes d’injustice… Mike Cervantès n’écrira pas le remake de l’épopée du « chevalier à la triste figure », mais au volant de sa Mustang, sa Rossinante rutilante modèle 1971, il la vivra pleinement…

Du même auteur chez Futuropolis: Pain d’Alouette (2 tomes), L’Écureuil du Vél’ d’Hiv’ et Échappées belles (intégrale)

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Le Fantôme arménien, récit de Laure Marchand et Guillaume Perrier, dessin de Thomas Azuélos

Il aura fallu attendre le 23 avril 2014 pour qu’un Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan présente les condoléances du pays aux  «petits-fils des Arméniens tués en 1915» lors des massacre qui ont coûté la vie à près d’un million d’Arméniens, sous l’empire ottoman. Un geste hautement symbolique pour Ankara, qui ne reconnaît pas le génocide. À l’occasion des cent ans du génocide, ce livre propose un état des lieux. C’est l’histoire d’un réveil, ou selon les mots de Christian Varoujan, le témoin central du livre, d’un véritable « saut dans le réel».

Pour ce récit de bande dessinée documentaire, Laure Marchand, Guillaume Perrier et Thomas Azuèlos ont suivi le voyage de Christian Varoujan Artin, depuis Marseille jusqu’en Turquie, sur les traces de sa famille. Varoujan est une personnalité de la communauté arménienne de Marseille parce qu’il dirige un important centre de mémoire sur la diaspora Arménienne dédié à la reconnaissance du génocide. Avant 2014, Varoujan n’avait jamais envisagé d’aller en Turquie, au risque de «piétiner les ossements de ses ancêtres». Le voyage jusqu’à cet «Auschwitz à ciel ouvert» représentait donc un enjeu très fort pour lui et pour sa f emme, Brigitte Balian, qui l’accompagnait. Mais ce n’était pas seulement un pèlerinage. Varoujan et Brigitte ont également rencontré les descendants des Arméniens qui ont réchappé au massacre et sont restés en Turquie en 1915. Car aujourd’hui ces Arméniens kurdes, turques, alévis, musulmans, sortent de l’ombre, racontent leurs histoires et aspirent à retrouver une identité perdue. Les “retrouvailles” entre la diaspora et ces Arméniens de l’intérieur ne sont pas simples, car elles bouleversent les certitudes forgées de part et d’autres.

Pour découvrir le travail de Thomas Azuélos : http://azuel.free.fr/index.html

Rejoignez la page Facebook dédiée : https://www.facebook.com/lefantomearmenien

et découvrez la bande-annonce du livre, réalisée par Thomas Azuélos : https://vimeo.com/121429902

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C’est pas toi le monde!, de Raphaël Geffray

Pour son premier livre, Raphaël Geffray se base sur l’histoire vraie d’un enfant violent. Sans aucun jugement, il se place à son niveau pour parler de son quotidien sans réels repères, essayant d’appréhender ses colères, sa violence, la manière dont cet enfant, en échec scolaire, essaie de trouver sa place dans le monde. Un livre poignant, d’une grande maturité.

Bené a huit ans et demi. Bené est un enfant violent. En retard scolairement, il ne sait pas lire, il s’est fait renvoyer de toutes les écoles. Pour sa dernière chance avant d’être placé en foyer, il tombe sur une institutrice qui va perturber ses certitudes. Avec humanisme et autorité, elle va réussir à rendre cet enfant capable d’apprendre et lui offrir des limites, élargir son horizon. En apprenant à lire, Bené va changer, s’ouvrir aux autres. Mais, fils d’une mère un peu trop jeune, un peu trop perdue, avec qui il vit seul, Bené va voir dans cette institutrice qui s’efforce de le sauver de la noyade, une mère de substitution. Un rôle que cette femme ne peut assumer…

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Et pour la petite formule traditionnelle, Holmes tome 4, initialement prévu pour octobre 2014, puis pour février 2015 est une nouvelle fois reporté. À suivre, donc.

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Van Hove et Tota ©Futuropolis 2015
Sacco ©Futuropolis 2015 pour la présente édition
Sacco ©Futuropolis 2015 pour la présente édition
Troubs ©Futuropolis 2015
Troubs ©Futuropolis 2015
Garcia et Olivares ©Futuropolis 2015 pour la présente édition
Garcia et Olivares ©Futuropolis 2015 pour la présente édition
Mardon ©Futuropolis 2015
Mardon ©Futuropolis 2015
Lax ©Futuropolis 2015
Lax ©Futuropolis 2015
Azuelos, Marchand et Perrier ©Futuropolis 2015
Azuelos, Marchand et Perrier ©Futuropolis 2015
Geffray ©Futuropolis 2015
Geffray ©Futuropolis 2015

Publié le 15 décembre 2014 - Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,


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