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Igort


Les Cahiers Ukrainiens
Un récit-témoignage d'Igort
Nouvelle édition augmentée de 16 pages inédites
Première parution : 08/10/2015

195 x 265 mm
192 pages
Prix de vente : 24 €
Code Sodis : 790474
ISBN : 9782754814140


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Mémoires du temps de l'URSS

Les Cahiers Ukrainiens

 
Première édition parue en juin 2010, rééditée en 2015 en une version augmentée.
Dans cette nouvelle édition, un cahier inédit aborde la situation actuelle en Ukraine. Igort donne la parole à des Ukrainiens mais également à un jeune soldat russe.

Après avoir exploré l’univers du polar, du jazz et des super héros décalés, Igort s’attaque à la bande dessinée de reportage avec le premier tome d’un diptyque consacré aux pays de l’ex-URSS. Il s’est rendu à maintes reprises en Ukraine, Russie et Sibérie. Les témoignages recueillis sur place révèlent un passé terrible, et un présent guère plus glorieux. Une plongée dans l’Histoire du XXe siècle qui permet de mieux comprendre ces pays qui se redécouvrent eux-mêmes.
 
Igort raconte l’Ukraine d’hier et d’aujourd’hui et illustre avec intelligence et inventivité les témoignages recueillis sur place. - Serafima Andreievna, 80 ans en 2008, avait donc 5 ans en 1932. Elle se souvient de l’Holodomor. Ainsi fut nommée la terrible famine provoquée à dessein par Staline. Un génocide culturel et physique visant à exterminer par la faim le peuple ukrainien, pour punir ceux qui n’adhéraient pas volontiers à la « collectivisation » et contrer les poussées autonomistes. Il n’y avait que des racines, des hérissons à manger, le pain se faisait avec du foin. Des cas de cannibalisme furent recensés. En deux ans, un quart des Ukrainiens décédèrent. - Cela fait plusieurs fois qu’Igort croise sur son chemin Maria Ivanovna, qui fait la manche. Le 12 septembre 2009, il ose l’aborder. Elle lui raconte avec sobriété toute sa vie. Elle est née en 25. Ses parents travaillaient au kolkhoze, son père cultivait le blé et sa mère, après avoir été boulangère, était devenue comptable. Elle avait 8 ans lors de l’Holodomor ; dans les rues défilaient des charrettes de cadavres et de mourants entassés pêle-mêle. Sur les quatre années de l’occupation allemande, sa mère fut emprisonnée dix mois par les nazis. Elle s’est mariée en 46 avec un ouvrier d’usine et sa fille naquit un an plus tard. Elle regrette le temps de Brejnev où la nourriture était abondante et peu chère, même si les vêtements et tout le reste devaient forcément être achetés à crédit. Après des études universitaires, sa fille et son mari sont allés en Corée du Nord pour travailler comme ingénieurs à un projet nucléaire. Ils en sont revenus malades. Aujourd’hui, après avoir dépensé l’argent qu’elle n’avait pas pour soigner son genre, Maria rembourse avec la pension de sa retraite, et elle mendie. Maintenant, elle attend la mort. - Et il y a aussi Micha, Nikolaï Vassilievich, Nicolaï Ivanovich pour raconter leur pays.

* Prix 2011 de la mémoire Holodomor