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  1 Juin 2016
 
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Igort


Les Cahiers Ukrainiens
Mémoires du temps de l'URSS
Un récit-témoignage d'Igort
Édition revue et corrigée en 2011
Première parution : 10/06/2010

195 x 265 mm
176 pages
Prix de vente : 22,4 €
Code Sodis : 724119
ISBN : 9782754802666


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Mémoires du temps de l'URSS

Les Cahiers Ukrainiens

 
Après avoir exploré l'univers du polar, du jazz et des super héros décalés, Igort s'attaque à la bande dessinée de reportage avec le premier tome d'un diptyque consacré aux pays de l'ex-URSS.

Il s'est rendu à maintes reprises en Ukraine, Russie et Sibérie. Les témoignages recueillis sur place révèlent un passé terrible, et un présent guère plus glorieux. Une plongée dans l'Histoire du XXè siècle qui permet de mieux comprendre ces pays qui se redécouvrent eux-mêmes.

 

« Voilà un an et demi que je travaille à cette fiction documentaire, née le plus naturellement du monde d'un voyage, puis d'un séjour, et d'un autre voyage encore, celui-ci organisé pour comprendre. J'ai ainsi vécu pendant plus d'un an entre Ukraine, Russie et Sibérie.
Ce qui m'a intéressé, c'est que les histoires venaient à ma rencontre. Il me suffisait d'être à l'écoute. J'ai commencé à rencontrer des gens et à enregistrer ou filmer leurs témoignages, l'histoire de leur vie. Puis, étant donné que certains faits étaient couverts par le secret ou peu connus, je me suis mis à les étudier. Mais ce sont bien les témoignages recueillis que je dessine.
Le livre se composera de deux volumes, Cahiers ukrainiens et Cahiers russes. Une exploration sur le terrain pour comprendre ce qu'a été et comment a été vécu le rêve communiste de la Révolution à nos jours. Avec cette question : que reste-t-il de tout ça aujourd'hui, à l'heure de la commémoration de la chute du Mur ?

Cela fait trente ans que je travaille comme auteur, et au cours de ma carrière j'ai traité de thèmes différents, tous liés principalement à la mémoire et au mythe. Je suis un auteur curieux, j'aime explorer et j'ai trouvé naturel de m'attaquer à une narration qui part d'une vision documentaire. Pour moi, il était important de trouver une écriture personnelle qui se mesure à la réalité du terrain que j'avais découvert, et de pouvoir mettre au jour ce travail. »

 
Dans ce premier tome, et en courts chapitres, Igort raconte l'Ukraine d'hier et d'aujourd'hui et illustre avec intelligence et inventivité les témoignages recueillis sur place.
- Serafima Andreievna, 80 ans en 2008, avait donc 5 ans en 1932. Elle se souvient de l'Holodomor. Ainsi fut nommée la terrible famine provoquée à dessein par Staline. Un génocide culturel et physique visant à exterminer par la faim le peuple ukrainien, pour punir ceux qui n'adhéraient pas volontiers à la « collectivisation » et contrer les poussées autonomistes. Il n'y avait que des racines, des hérissons à manger, le pain se faisait avec du foin. Des cas de cannibalisme furent recensés. En deux ans, un quart des Ukrainiens décédèrent.
- Cela fait plusieurs fois qu'Igort croise sur son chemin Maria Ivanovna, qui fait la manche. Le 12 septembre 2009, il ose l'aborder. Elle lui raconte avec sobriété toute sa vie. Elle est née en 25. Ses parents travaillaient au kolkhoze, son père cultivait le blé et sa mère, après avoir été boulangère, était devenue comptable. Elle avait 8 ans lors de l'Holodomor ; dans les rues défilaient des charrettes de cadavres et de mourants entassés pêle-mêle. Sur les quatre années de l'occupation allemande, sa mère fut emprisonnée dix mois par les nazis. Elle s'est mariée en 46 avec un ouvrier d'usine et sa fille naquit un an plus tard. Elle regrette le temps de Brejnev où la nourriture était abondante et peu chère, même si les vêtements et tout le reste devaient forcément être achetés à crédit. Après des études universitaires, sa fille et son mari sont allés en Corée du Nord pour travailler comme ingénieurs à un projet nucléaire. Ils en sont revenus malades. Aujourd'hui, après avoir dépensé l'argent qu'elle n'avait pas pour soigner son genre, Maria rembourse avec la pension de sa retraite, et elle mendie. Maintenant, elle attend la mort.
- Et il y a aussi Micha, Nikolaï Vassilievich, Nicolaï Ivanovich pour raconter leur pays.


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Prix 2011 de la mémoire du Holodomor