Les nouveautés A paraître Le Catalogue Le Catalogue historique Infos pratiques  La newsletter Je recherche...
On vous dit tout (ou presque) ! C'est le blog
  20 Août 2017
 
Ils sont parus ! Les nouveautés
On y travaille ! A paraître
Oh, des beaux livres ! Le Catalogue
Ah, la nostalgie ! Le Catalogue historique
Nous contacter ! Infos pratiques
Abonnez-vous ! La newsletter
Je recherche...
un auteur
un article
un titre
 
Didier Tronchet


La gueule du loup
Un récit écrit et dessiné par Didier Tronchet et mis en couleurs par Hubert
Première parution : 13/03/2008

215 x 290 mm
120 pages
Prix de vente : 19,3 €
Code Sodis : 717192
ISBN : 9782754801638


Acheter l'album en ligne



 
Planches
L'auteur
Didier Tronchet
de Didier Tronchet, chez futuropolis
Ça n'arrive qu'à moi!
Tome 1

Ça n'arrive qu'à moi!
Tome 2

La gueule du loup

Le Peuple des endormis

L’homme qui ne disait jamais non

Vertiges de Quito
Les aventures extraordinaires de l'auteur, sa famille et son chat en Amérique du Sud

 
Comédie dramatique, acide et décapante, La Gueule du loup est aussi un récit implacable au suspense jubilatoire !

Un Didier Tronchet comme on ne l’avait encore jamais vu !

Trois personnages dans la ronde des sentiments. François Renard, la cinquantaine alerte, notable, gynécologue, belle clientèle, éducation stricte, divorcé, une fille. Jacky Mousselin, la petite trentaine fatiguée, chômeur, zonard, célibataire malgré lui, amateur de chiens. Iléna, enfin, juste Iléna.
 

Didier Tronchet se jette (avec délectation) dans la gueule du loup (en l’espèce, l’éditeur qui lui pose des questions).

Même s'il comprend des personnages typiquement tronchétiens, comme Jacky, La Gueule du loup est un livre très différent de tous ceux que tu as réalisés jusqu'alors. Quelle fut l'envie qui t’a poussé à aborder un tel récit ?

C’est avant tout un exercice de gymnastique mentale : faire des étirements, assouplir, rester dans la tonicité. C’est-à-dire s’obliger à aborder d’autres univers, registres, tons et personnages. S’amuser à bousculer ses propres limites. Et avant tout se surprendre soi-même, ce qui donne de bonnes chances de surprendre le lecteur.

La Gueule du loup, comédie dramatique ?

Oui, c’est un genre que j’aime beaucoup. D’ailleurs, je parle de la nécessité de se renouveler, et de fait je m’aperçois que j’ai toujours fait ça : de la dérision dans le tragique, du rire dans l’horreur, du sourire mais avec les dents qui grincent. J’aime bien ce territoire incertain où tout peut basculer dans l’un ou l’autre, plus précisément où cohabitent l’un et l’autre sur un fil d’équilibriste.
La première exigence est d’être drôle (le minimum syndical). Je dirais, par rapport au lecteur, la  politesse élémentaire.

Iléna est le personnage central du récit. Manipulatrice de prime abord, elle se révèle comme une belle personne. C'est, à mon sens, un beau portrait de femme que tu as brossé. Didier Tronchet romantique ?

N’exagérons rien. Assurément, ce qui manquait à ma panoplie, c’est un vrai personnage de femme (ce qu’il y a de plus difficile à faire), car jusqu’à présent je n’avais donné dans le bigoudi (Monique Calbuth) ou dans la femme fatale et cruelle (chez Tergal). Mais aborder de front la mise en scène d’une vraie sensibilité féminine dans toute sa richesse, c’est la première fois. Je me suis d’ailleurs aperçu que les femmes se prêtent mal à la caricature, c’est vrai aussi en dessin.

C'est la première fois aussi, si je ne m'abuse, que tu abordes, d'un seul tenant, un récit au long cours — 120 pages. Quels furent les obstacles à franchir, les difficultés à vaincre et, a contrario, les joies ressenties ?

La principale difficulté est le rythme. Les boursouflures, les chutes de tension, ça ne pardonne pas sur le long cours. J’ai conçu l’histoire comme un scénario de film (exercice que j’ai beaucoup pratiqué, même si jusqu’à présent un seul film est sorti). Mes aventures au cinéma m’ont beaucoup appris ; surtout à tailler dans le gras, pour aller jusqu’à l’os du récit.
Un grand bonheur est de voir exister les personnages au cœur d’une action, sans qu’ils soient dévorés par elle, et qu’au contraire leurs personnalités soient le vrai moteur.

Au début de ta (déjà longue) carrière, certains qualifiaient ton dessin de laborieux (et tu n'étais pas le dernier). Aujourd'hui, et depuis quelque temps déjà, tu donnes le sentiment d'avoir apprivoisé ton trait, de le dominer même, lui donnant une force, un charme et une efficacité indéniables...

Je crois me souvenir que c’est surtout moi qui étais désolé de mon dessin. Les camarades dessinateurs (et pas des moindres !) me disaient tous : quelle importance ? Du moment que ça raconte bien ce que tu as à dire. Et de fait : la raideur originelle correspondait assez aux personnages engoncés. Depuis, j’ai compris que le dessin était un langage, que l’essentiel était qu’il ne ressemble à rien. Mon dessin s’est assoupli et je m‘en satisfais enfin. Au début, on veut tous être Moebius ou rien. Donc pour moi ce sera « rien ». Mais c’est pas mal, « rien ».

 
Tout a commencé dans un club de rencontres speed dating, le Love Club, un nom pareil, ça se passe de commentaire. C’est ici que Jacky découvre l’immensité de sa solitude sexuelle. C’est là que François fait la connaissance d’Iléna. « Jusqu’où iriez-vous par amour ? », demande-t-elle. « Jusqu’au bout », répond-il. Jusqu’au bout, vraiment ? Les ennuis peuvent commencer. Ce qui au départ n’était qu’un jeu somme toute bon enfant se mue peu à peu en une entreprise angoissante, dans laquelle François s’englue inexorablement, avec la complicité douteuse de Jacky. L’implacable Iléna, preste et tirant les ficelles avec un art consommé, conduit ainsi son troupeau de dupes… Mais dans quel but ?

Situations et dialogue savoureux, La Gueule du loup, insensiblement, à mesure que le mystère de cette ronde s’épaissit, s’affirme comme une comédie dramatique, acide et décapante.

Avec ce récit plutôt âpre, Didier Tronchet surprend encore par la densité et le rythme de son récit, par la justesse d’une écriture graphique efficace et enlevée.

Et comme Iléna, son personnage phare, en fouillant au plus profond de l’âme humaine, il nous entraîne dans une histoire haletante, avec la jubilation de l’auteur maître de son art.