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Christian Durieux


Le Pont
Récit, dessin et couleurs de Christian Durieux
Première parution : 11/10/2007

210 x 290 mm
104 pages
Prix de vente : 18,3 €
Code Sodis : 717104
ISBN : 9782754800877


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Le Pont

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Christian Durieux offre avec Le Pont, un conte fantastique et passionnel.

Dans un monde gelé, contraint par les glaces, le savant Salpatrès veut convaincre de la justesse de ses théories, malgré tous ceux qui s’y opposent (ce fleuve gelé ne conduirait-il pas vers un trou noir ?).
 
Le Pont parle d’une quête et de l’obsession qu’elle engendre. Recherche scientifique, recherche de  lieu, de temps, de vérité, sur soi-même comme sur les autres.
 

Christian Durieux répond longuement à trois questions (pas trop difficiles)

Le Pont est une création très éloignée de vos œuvres précédentes. Qu’est-ce qui vous a donné envie de raconter cette histoire ?

Il est toujours difficile de démêler ce qui a conduit à une histoire, mais j’ai du mal à considérer Le Pont comme une œuvre réellement différente. Ou, plutôt, j’aurais tendance à penser que l’ensemble de mon travail a montré jusqu’ici une telle diversité que ce nouveau livre n’est qu’une pièce singulière de plus. Car en y pensant un peu plus, il m’apparaît qu’une certaine cohérence existe entre tous ces albums¿: une inclination le plus souvent pour le décalage, pour un certain  fantastique. Les travaux qui restent le plus chers à mon cœur (Benito Mambo et Central Park, par exemple) font état de situations humaines, de sentiments exprimés à travers le filtre du décalage ou du conte.
Le Pont n’est que ma deuxième œuvre totalement personnelle, scénario et dessin, et, en cours de travail, j’ai réalisé à quel point elle était le pendant sombre de la première, Benito Mambo. Le personnage de Benito poursuivait deux obsessions : son désir de devenir danseur de mambo (et cela en opposition à son contexte familial) et son amour pour Angeline. Le Pont, lui aussi traite de deux obsessions : l’obsession d’un savant qui veut convaincre de ses théories malgré tout ce qui s’y oppose, et, à nouveau, l’obsession amoureuse. Et ces deux histoires sont développées à la manière d’un conte, dans un cadre fantastique.
Mais ce qui était ludique et joyeux dans Benito Mambo, devient sombre et tragique dans Le Pont. Ce qui, dans Benito, était sans cesse en mouvement euphorique donne place ici à un monde gelé, contraint par les glaces ; le seul mouvement, celui des eaux au milieu de ces glaces, conduit inexorablement à la fin. En ce sens, un désir (inconscient au début) qui a conduit l’idée du Pont est celui d’écrire une tragédie : dès le départ, le destin des personnages est joué et ce ne sont pas quelques signes que le ciel semble avoir envoyés (les trois objets du cadavre gelé) qui y changeront quelque chose.


Le Pont est une œuvre que l’on peut qualifier de « steampunk ». Est-ce un genre qui vous attire particulièrement ? Pourquoi avoir choisi cet univers pour raconter cette histoire d’amour ?    
Votre question a enrichi mon vocabulaire d’un mot nouveau, je ne connaissais pas le terme « Steampunk ». Wikipédia m’a instruit sur le sujet.
Je ne suis lecteur d’aucun genre en particulier mais, pour parler des écrivains, il y a sans doute entre certains que j’aime ce lien du décalage, du « fantastique » ou du conte auquel je faisais allusion tout-à-l’heure. Citons en vrac : Borgès, Calvino, Nabokov, Kafka, Perutz, Murakami, Auster, Cocteau, Manguel… Mais ma petite chambre de lecteur boulimique accueille avec délice Stendhal, Proust, Morand, Henry Miller et bien d’autres qui nourissent mon imaginaire de façon toute différente.
A vrai dire, l’univers que j’ai choisi est celui des glaces, qui me fascine, et la forme du conte fantastique est venue naturellement. A cela s’est ajouté un fatras de références qui me semblaient correspondre à l’ambiance : les peinture de Chirico mêlées à des morceaux d’architecture d’Otto Wagner, les femmes de Rossetti et les ambiances des tableaux de Friedrich etc. Tout cela nourrit de façon proche ou lointaine, consciente ou inconsciente. Ma façon d’écrire n’est pas très réfléchie : ce sont avant tout les personnages, leur chemin mental en quelque sorte, qui me guident, et le décor dans lequel ils évoluent n’est là que pour servir ce que je sens d’eux.

Est-ce que comme le capitaine du navire, vous trouvez qu’on vit dans un labyrinthe dont on ne trouve pas la sortie ?

Ce n’est qu’en cours de travail (au départ il n’y a que les personnages et leurs motivations intérieures qui me poussent) que je me suis rendu compte que Le Pont reflétait peut-être, de façon métaphorique, la perplexité que l’on peut éprouver aujourd’hui face à la complexité du monde. Il y est question d’un monde qui va, de façon inexorable, s’engoufrer dans un puits, de la façon dont on en prend conscience et dont on décide d’agir ou pas. Peut-être les grands débats actuels sur le destin de notre planète, les discours catastrophistes, m’ont-ils poussé dans cette direction. On sait qu’un conte n’est jamais innocent. Mais je veux penser qu’avant tout, cette histoire est l’histoire d’un homme, Salpatrès, qui se débat dans sa complexité à lui, et que son histoire a pris la forme d’un long songe au milieu des glaces.


 
Ils sont trois. Le savant Salpatrès et ses deux assistants, Cartache et Nicodème, enfermés dans une étroite capsule de métal qui dérive sur un fleuve glacé. Épuisés. Paradoxalement, c’est la découverte d’un cadavre gelé qui leur donne l’espoir de s’en sortir. Les voilà liés à jamais par le butin trouvé sur ce cadavre.

Mais qui sont-ils vraiment ? D’où viennent-ils ? Quel est ce monde étrange ? Repêchés par un bateau, nos hommes finissent par retrouver la terre ferme (ou plutôt, la neige ferme). Au cours d’une soirée mondaine, Salpatrès fait la connaissance de Léda, la sublime femme du gouverneur. Cette rencontre le bouleverse. Une relation troublante se noue entre eux.
C’est le moment que choisit Salpatrès pour repartir en expédition, malgré les injonctions de Léda¿: « Je ne suis pas une femme qu’on quitte, Salpatrès ».