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Avec BigFoot, Nicolas Dumontheuil adapte librement Le Monstre des Hawkline de Richard Brautigan, roman écrit en 1974 pour « faire marrer » ses copains du Montana. Plus de 30 ans après, Dumontheuil rend hommage à l’œuvre de Richard Brautigan : accumulant avec gourmandise les poncifs du western, il rejoint le Goscinny de Lucky Luke. De mémoire d’amateurs du genre, on avait rarement vu un western aussi loufoque ! |
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Q : Pourquoi adapter ce roman de Richard Brautigan ?
Dumontheuil : En fait, j’avais besoin d’une caution car je voulais faire un western et je ne suis pas américain ! J’ai toujours pensé que pour s’attaquer à ce genre, il fallait des bases solides afin que cela soit crédible, sinon ça ne marche pas. Dans le cas présent, cela se passe au début du XXe siècle, et il y a une voiture. Si j’avais décidé cela tout seul, les lecteurs n’y auraient pas cru. Mais comme cela a été écrit originellement par un cow-boy du Montana alcoolique, ça change tout ! C’est forcément la réalité.
Q : On ressent une grande jubilation à la lecture de ton livre. As-tu été porté par l’esprit de Brautigan ?
Dumontheuil : Je ne sais pas trop. En général, je travaille en espérant que ça va être drôle et que cela va faire marrer mes lecteurs. Mon entourage (mes premiers lecteurs, donc) a bien aimé le côté Tintin, comme la scène avec les Indiens en voiture. En fait, j’essaie de ne pas trop réfléchir. Oui, j’espère ne pas être le seul à rigoler avec mes projets.
Q : Tu as gardé quelques citations de Brautigan dans ton album. Comment les as-tu choisies ?
Dumontheuil : Je me suis souvenu de phrases qui m’avaient marqué. Le gars qui trouve étrange de mettre des bateaux à la place de vaches sur un tableau représentant Venise. Ou de scènes, comme celle du shérif qui ne veut pas mourir. En fait, elles avaient inconsciemment intégré ma culture. Car j’ai d’abord lu ce livre une première fois il y a une quinzaine d’années, puis en pensant à l’adapter, il y a 2 ou 3 ans. D’ailleurs à ce moment, cela m’a semblé impossible. Le temps a passé. Mais cette adaptation continuant à me trotter dans la tête, j’ai travaillé dessus sans relire le roman, en me laissant aller. Le plus dur a été de trouver le ton juste, de ne pas « passer à côté », sans pour autant être premier degré, avec une adaptation à la lettre. Comme on dit, il fallait en garder l’esprit.
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Ned et Zed sont deux tueurs professionnels du Middle West. Zed adore compter, tout compter. Le nombre de balles tirées, de fois où il a été victime du mal de mer, ou plus sympathique, le temps passé pour arriver à l’orgasme… Son copain Ned est pire. Il a des problèmes existentiels (et sexuels). Résultat des courses, il n’a plus envie de tuer. Sa vie retrouve un sens quand il décroche un vieillard pendu à un arbre. Et Zed, qui n’a jamais connu son paternel, décide d’en faire son père adoptif. Malgré tout, il leur ne sera pas toujours facile de suivre cet « old timer », victime de la terrible malédiction du braquemart… Le destin des deux tueurs bascule le jour où ils rencontrent, dans un boxon, Magic Child, une Indienne (mais est-ce vraiment une Indienne ?) qui les engage pour retrouver Miss Hawkline, sa sœur disparue. Arrivés dans la propriété des Hawkline, Ned et Zed découvrent les autres membres de la famille, le père et aussi un monstre étrange, émanation d’une légende locale, « Saswatch »…
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