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  11 Décembre 2017
 
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Philippe Dupuy
Loo Hui Phang


Une élection américaine
Texte et photographies de Loo hui Phang. Dessins de Philippe Dupuy
Première parution : 18/05/2006

170 x 225 mm
192 pages
Prix de vente : 21,3 €
Code Sodis : 717066
ISBN : 2754800557


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Les auteurs
Philippe Dupuy
Loo Hui Phang
de Philippe Dupuy, Loo Hui Phang, chez futuropolis
L'Art du chevalement

Les enfants pâles
Roman graphique

Nuages et Pluie

Une élection américaine

de Loo Hui Phang, chez futuropolis
Cent mille journées de prières
Tome 1

Cent mille journées de prières
Tome 2

 
Il y a Tucson et Phoenix. Tucson et Phoenix sont en Arizona. (L’Arizona est aux États-Unis)
Tucson vote démocrate. Phoenix est républicaine. (Comme tout le reste de l’Arizona.)
Il y a Bush et Kerry (c’est les élections), il y a le désert (tout à côté), il y a le Mexique (pas loin).
 Il y a Andrew (un ami), il y a des garçons (Andrew aime les garçons), il y a des clubs (gay).
Il y a des Américains (américains), il y a des Mexicains (pauvres), il y a Loo et Philippe
(des auteurs de bande dessinée).

Mêlant écrits, dessins, bande dessinée et photographies, Une Élection américaine est le journal du séjour des deux auteurs à Tucson.  Au travers de leurs rencontres (plutôt surprenantes) se dessine le portrait d’une Amérique moins lisse qu’elle aime à le laisser paraître…
 

Absolutly fabulous
par Loo Hui Phang
« En 2003, Andrew nous accueillait trois jours chez lui à Tucson, Arizona. Le dernier soir, il nous emmena dans un endroit un peu spécial. À la sortie de la ville, perdu au milieu d’une zone industrielle envahie par le sable, se trouvait un club fréquenté par les gays mexicains. Le bâtiment était sommaire et ressemblait à un bunker décoré de guirlandes électriques. L’ambiance y était bon enfant. Les hétérosexuels non-mexicains y étaient également bienvenus.

Au fond de la salle, nimbée d’une lumière bleue donnant l’impression d’évoluer dans un gros aquarium, une petite scène était figurée par quelques spots colorés et une boule à facettes. Quatre rangées de chaises en plastique lui faisaient face.

Tous les dimanches avait lieu un numéro de drag queens.

Celles-ci étaient diablement sexy et plutôt grasses, moulées dans des robes bon marché et arborant d’ondoyantes perruques. Elles se changeaient derrière un paravent de fortune, à côté de la scène. Leur répertoire s’étendait des tubes des années 80 aux classiques de la variété mexicaine. Elles y mettaient tout leur cœur. Et cela fonctionnait. De leurs lourds basculements de hanches émanaient de véritables moments de grâce.

J’ai toujours voulu retourner à ce club. J’annonçai à Andrew que je reviendrais à l’automne
avec Philippe pour filmer les drag queens mexicaines. Andrew me proposa de venir à la fin du mois d’octobre, pendant les élections présidentielles. Andrew aime le vélo, les voyages et les garçons. Il s’est spécialisé dans le cyclisme touristique pour gays. Il vit à Tucson depuis quelques années. Tucson est farouchement démocrate.

Il y a quelque chose de très kitsch années 80 à Phoenix. La période Reagan et son fantasme
de réussite économique hante encore le quartier des affaires à l’architecture arrogante et ringarde.

Toute la quintessence de l’esthétique Dynasty est là : bâtiments de verre et de métal, lignes agressives, angles aigus à foison. En réalité, Phoenix fait penser à « Liaison fatale », mais aussi à ce que les années 80 avaient de pire : le matérialisme, le culte de la puissance, «´Working girl » et les vestes à épaulettes de Melanie Griffith.

Le père d’Andrew vit à Phoenix, sa mère à Tucson, ce qui résume assez bien leurs positions politiques.”

“Plusieurs soirs par semaine, Larry devient Lucinda Holliday, mélange burlesque de Liza Minelli et de Bianca Castafiore. Sa forte corpulence fait de lui une femme convaincante,
le principal point faible des drag queens étant la proéminence des maxillaires. Son numéro est
une performance de comédien assez épatante. Tout son art réside dans la précision chorégraphique des rictus, des roulements d’yeux, et un savant dosage entre glamour et grotesque. En civil, Larry est coiffeur et créateur de bijoux pour drag queens, c’est-à-dire
de breloques clinquantes et grosses comme des pièces de quincaillerie.

Il vaut mieux éviter de tomber dans une piscine lorsque l’on porte les bijoux de Larry…”

 
Octobre 2004, partie à l’origine pour tourner un reportage sur les drag queens mexicaines,
Loo Hui Phang, accompagnée de Philippe Dupuy, se retrouve en pleine tourmente des élections américaines, dans une ville démocrate située au cœur d’un état républicain…

Loo et Philippe sont accueillis à Tucson par Andrew. Andrew est démocrate. À la suite de leur ami, les deux voyageurs se retrouvent soudainement plongés dans les enjeux et les questions que soulèvent ces élections…

Et puis, sous les lumières bariolées de quelques spots, il y a Lucinda Holliday et Janee Star.
Leur show est impeccablement glamour et sophistiqué. Quand les lumières seront éteintes, quand elles se seront démaquillées, ils rentreront se reposer  ou  boire un verre avec quelques amis.

Du Rainbow Planet Coffee House au Republican Headquarters, petite balade dans une Amérique en plein questionnement, en proie au doute comme aux certitudes, autant habitée par son irréductible esprit de liberté que par sa peur de tout perdre.