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  12 Novembre 2019
 
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Ludovic Debeurme


Lucille
Récit et dessin de Ludovic Debeurme
Première parution : 26/01/2006

170 x 225 mm
512 pages
Prix de vente : 33 €
Code Sodis : 717061
ISBN : 9782754800518


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Planches
L'auteur
Ludovic Debeurme
de Ludovic Debeurme, chez futuropolis
Le Lac aux Vélies
Un Conte musical mis en images

Lucille

Renée

 
En choisissant de construire sa narration sur quelque 500 pages, Ludovic Debeurme provoque une immersion totale dans l’intimité de ses personnages, Lucille et Arthur, deux frêles adolescents émergeant à peine de leur enfance brisée, suscitant ainsi un sentiment de proximité très troublant…

Ce récit âpre, rigoureux, sans concession, tout en justesse, pudeur et émotion est son troisième album de bande dessinée.
 

Quand Ludovic rencontre Lucille et Arthur.

“ J'ai commencé à écrire cette histoire d'adolescents en utilisant le même processus qu'à l'accoutumée, c'est-à-dire en l'improvisant. Rapidement deux personnages se sont imposés :
une fille, Lucille, que l'on découvre anorexique, et un garçon, Arthur, fils d'un marin polonais alcoolique.

Raconter une adolescente anorexique, son rapport intime au corps, à la nourriture, à la mère…
Vivre dans la tête d’un garçon issu d’un milieu social défavorisé, dans une région sinistrée par le chômage et l’alcoolisme… Autant de thèmes qui me faisaient sortir de mon territoire connu et balisé.

Cependant, j’éprouvais une sorte de sentiment d'imposture à l'idée de me permettre de raconter des vies qui n’étaient pas la mienne.

Pourtant, malgré mes doutes, l'écriture s'imposait à moi comme une nécessité compulsive. Je ne pouvais m'empêcher d'avancer dans l'histoire avec de plus en plus d'empathie pour les personnages.

En contrepartie à ce désir de prendre la parole pour autrui, il était donc nécessaire que je tente d’être le plus juste possible. Même si je ne voulais pas faire un essai théorique sur le thème de l'anorexie, mais bien raconter une histoire, il fallait tout de même que je fasse se rencontrer la réalité liée à cette maladie et ma liberté narrative. Je sentais qu'il fallait que j’investisse plus en profondeur le quotidien de mes personnages.

J'ai sondé les forums où les anorexiques s'échangent leurs angoisses et leurs trucs pour maigrir, lu les blogs "pro-anos" interdits par la loi. J’ai rencontré des psychanalystes travaillant avec des adolescents souffrant de troubles alimentaires, et même tenté d'apprendre un peu de picard, ce dernier point pour être plus proche d’Arthur !

Plus j'avançais, plus des pistes se présentaient à moi. Et ça n'en était que plus passionnant. Tout cela a renforcé mon désir premier, qui était de prendre le temps de dire les choses. On n'enferme pas la psychologie humaine dans des clichés.

Vouloir être juste c'est prendre son temps. Il n’y a pas d'efficacité dans ce domaine, pas de rendement. Juste de l'engagement.

Mon autre souhait était de ne pas conditionner le lecteur. De lui laisser son jugement et son cheminement. Chose possible par excellence avec le médium de la bande dessinée qui est faite d'ellipses et d'allers et retours entre le dit et l'indicible. Les personnages ont des personnalités multiples. Je ne voulais pas en faire des caricatures romanesques pratiques. Il faut qu'ils me donnent du mal, que moi aussi je cherche à les comprendre en avançant dans l'écriture. Que cette complexité des personnages, qui reflète pour moi la réalité des rapports humains, leur donnent petit à petit une consistance dévoilée au fur et à mesure qui donne de l'intimité avec eux.

Un des thèmes principaux qui apparaît pour moi dans ce livre est l'idée de la transmission. Celle de père à fils avec Arthur et celle de mère à fille avec Lucille. Que peut-on faire de son héritage ? Peut-on grandir avec l'histoire que l'on nous transmet ? Le destin d'Arthur raconte la difficulté de s'extirper de son environnement familial et social. Il s'agit autant, ici, de questions sociologiques que psychanalytiques. De même Lucille éprouve la complexité de s'affirmer femme auprès d'une mère qui lui refuse cette identité parce qu'elle même ne peut totalement l'emprunter. Le sentiment de trahison qui accompagne les gens qui changent de condition sociale, ou ceux qui à un moment donné de la lignée généalogique réussissent leurs vies là où des générations ont échoué. Ou à l'inverse l'histoire de ceux qui subissent leur héritage, me passionne.»

 
Enfant, Lucille était une petite grosse. Une petite fille moche, délaissée par les garçons, et qui s’accrochait, fascinée, à sa poupée mannequin, Linda. Elle était si belle Linda, tellement jolie, tellement mince.
Quand Lucille a rangé sa poupée au fond d’une malle, c’est qu’elle était enfin devenue Linda, mince comme un fil. La beauté en moins.

Arthur aime son père. Petit, il restait des heures au bistrot avec lui, à l’attendre en comptant les verres vides, pour tromper l’ennui. Il est marin, son père. Pas un marin au long cours, non, un pêcheur. Pas un patron-pêcheur, un employé sur un petit chalut. Arthur supporte tout de son père, l’alcool, les bagarres, le port, l’odeur des moteurs, la mer.
Le père d’Arthur, c’est Vladimir. Il s’appelle Vladimir comme son père, comme Arthur plus tard quand lui, il aura cassé sa pipe. Les hommes, les aînés, ils s’appellent tous Vladimir, c’est la tradition. Une croix de plus à porter pour Arthur…

Et puis un hasard, une rencontre : Arthur et Lucille s’aiment au premier regard.
Alors ils s’enfuient. Ensemble, ils partent pour Paris, puis l’Italie.
Elle fuit sa mère. Lui, le fantôme de son père.
Loin du chagrin et des souffrances, c’est avec la simplicité, la naïveté et l’enthousiasme
de leur jeunesse qu’ils vivent leur amour.

C’est magnifique, la Toscane.
Tout va changer.
Oui, c’est ça. Une autre vie va commencer, loin du passé…