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Après Les Petits Ruisseaux, Pascal Rabaté revient, cette fois-ci avec la complicité de David Prudhomme au dessin, pour une chronique familiale acide comme il sait si bien les écrire.
Il faut bien dire que ces deux amis partagent le même goût du petit détail épatant, du rhumatisme noueux, du lever de coude anisé, des petits secrets qu'on dit pas, des rituels minuscules.
Bref, les deux compères trouvent un malin plaisir à toutes ces petites choses qui enlisent la vie dans le pas grand-chose et la coincent dans le rien du tout. |
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2 questions (difficiles) à David Prudhomme.
Tu es passé d´un style léché à un style beaucoup plus épuré. Pourquoi ?
C’est le scénario qui détermine mon choix stylistique, en déclenchant chez moi émotions et réflexions. Je trouve le ton du dessin en pesant les choses. Mon but est de concocter un bon petit plat équilibré et goûteux…
Dans le fond, pleurer des larmes de sang, c´est un peu chiche comme miracle. Ça serait quoi un vrai miracle pour toi ?
C’est vrai, c’est chiche. Mais c’est mieux que de chier du plomb ! Le vrai miracle, ce serait qu’un lecteur trouve pourquoi cette Marie en plastique pleure du sang ? Moi, je le sais, et c’est pas ce qu’on croit !
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Avec cette savoureuse histoire en deux parties, nous partons en excursion chez les Garnier.
Les Garnier, c’est une famille française ordinaire où le rôle de chacun est bien distribué, les conflits bien rodés, où tout le monde est bien à l'abri d'une quelconque surprise.
Et voilà qu'une niaise bondieuserie en plastique jette le trouble dans ce foyer tranquille et fait virer tout cela à l'aigre.
Doux Jésus, sainte Vierge ! On est vraiment bien peu de chose ! LA SAINTE FAMILLE… Dans la famille Garnier je demande…
Émilie, la grand-mère. Croyante et pratiquante, elle a bien du mal avec son mécréant de mari. C'est qu'il ne respecte rien ce sac à vin, ce sale rouge. S’ensuivent des engueulades quotidiennes et bien huilées qui pèsent particulièrement sur le moral de leur fille Françoise.
Édouard, le grand-père. Militant communiste, toujours actif et qui ne rate pas une seule réunion de cellule. On ne peut pas dire qu'il n'affirme pas son anticléricalisme, généralement il emmerde le clergé, le haut comme le bas, et toutes les grenouilles de bénitier et autres sorcières de sacristie. C'est un mécréant.
Françoise, la mère. Femme au foyer et à la cuisine, plutôt tolérante (dans la normale). Elle est très fière de sa spécialité de bouchées à la Reine, ainsi que de quelques autres plats en sauce qui retiennent les petits maris qui s’débinent. Ce dernier, Paul, les affectionne heureusement particulièrement.
Paul, le père. Travailleur et bien méritant de la France, il est bon ouvrier et gentil mari. Depuis longtemps, il a compris qu’il ne faut pas se mêler des affaires de ses beaux-parents et de leurs engueulades rituelles. Il se délecte des plats en sauces de Françoise et ne se refuse jamais un petit apéro. Paul et Françoise ont deux enfants.
Le fils et la fille, Tom et Lisa. Les deux enfants de Paul et Françoise ne sont guère emballés par la blanquette de veau et les plats en sauce en général. Tous deux affichent une nette préférence pour les nouilles.
Et puis, et puis, pour parfaire le portrait de cette jolie famille à la française, il faut penser à rajouter un élément important, les trente centimètres de résine translucide et remplie d'eau bénite de la Marie. Émilie l'a ramenée de son pèlerinage à Lourdes, et maintenant elle trône là, au centre du logis, au cœur du foyer, plantée au-dessus de la télé, bien sûr !
Alors forcément, ce qui devait arriver arrive. De son promontoire, voilà que l'inepte figurine de plastique vient foutre le bordel et fait tourner tout cela à l'aigre. Pourtant on lui avait rien demandé à la Marie, on était bien ainsi dans cette jolie petite vie.
Tant qu'elle y est, la Marie, elle voudrait pas faire un miracle ?
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