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  9 Décembre 2016
 
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Étienne Davodeau
Kris


Un homme est mort
Récit de Kris et Étienne Davodeau. Dessin et couleurs d'Étienne Davodeau
Première parution : 12/10/2006

225 x 290 mm
80 pages
Prix de vente : 15,25 €
Code Sodis : 717011
ISBN : 9782754800105


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Planches
Bonus

Les auteurs
Étienne Davodeau
Kris
de Étienne Davodeau, chez futuropolis
Cher pays de notre enfance
Enquête sur les années de plomb de la Ve République

Immigrants
(13 témoignages, 13 auteurs de bande dessinée et 6 historiens)

Le Chien qui louche

Les ignorants
Récit d'une initiation croisée

Lulu Femme Nue
Tome 1

Lulu Femme Nue
Tome 2

Lulu Femme Nue

Paroles de tox
12 témoignages, 16 auteurs de bande dessinée

Rupestres!

de Étienne Davodeau, , chez futuropolis
Le jour où...
1987-2012 : France Info 25 ans d'actualité

Un homme est mort

de Kris, chez futuropolis
Coupures irlandaises

Le monde de Lucie
Tome 1

Le monde de Lucie
Tome 2

Le monde de Lucie
Tome 3

Les ensembles contraires
Tome 1

Les ensembles contraires
Tome 2

Mon père était boxeur

Notre Amérique
Tome 1

Notre Mère la Guerre
Tome 1

Notre Mère la Guerre
Tome 2

Notre Mère la Guerre
Tome 3

Notre Mère la Guerre
Tome 4

Notre Mère la Guerre

Notre Mère la Guerre

Nuit noire sur Brest

Svoboda!
Carnet de guerre imaginaire d'un combattant de la Légion Tchèque
Tome 1

Svoboda!
Carnet de guerre imaginaire d'un combattant de la Légion Tchèque
Tome 2

Un sac de billes
Tome 1

Un sac de billes
Tome 2

Un sac de billes
Tome 3

Un sac de billes

Un sac de billes, I , II

 
Brest, 1950. La guerre est finie depuis cinq ans.
De la ville, il ne subsiste plus rien.
Des bombardements massifs et des combats acharnés de presque un mois ont anéanti la ville, son port, son arsenal.
Brest est un désert.
Des milliers d’ouvriers vont s’atteler à la reconstruire, pierre à pierre.
Mais face aux mauvaises conditions de travail, la contestation gronde, et la grève éclate bientôt. De violents affrontements surviennent lors des manifestations.
Jusqu’à ce qu’un homme tombe.

 

Quelques questions à Étienne Davodeau

— Tu as choisi de réaliser tes histoires en tant qu'auteur complet, pourquoi te retrouve-t-on ici en tandem ?


J'ai déjà travaillé avec d'autres auteurs (Joub, David Prudhomme, Jean-Luc Simon), mais à chaque fois, j'étais plutôt le scénariste qui sollicitait un dessinateur dont le travail me plaisait. Pour Un homme est mort, les choses sont différentes. Kris, que je ne connaissais pas, m'a soumis cette histoire vraie pour avoir mon avis. Un autre dessinateur était censé la réaliser. Le projet était vraiment enthousiasmant. Je l'ai dit à Kris. Et quand il s'est avéré que le dessinateur en question ne pourrait pas dessiner ce livre, je me suis proposé à Kris, parce que je pensais que ce livre devait exister.


— Après Rural ! et Les Mauvaises Gens, tu reviens encore sur le monde du travail, le monde associatif et militant, est-ce un sujet qui te préoccupe de plus en plus ? Et pourquoi ?


Bien sûr, ces sujets m'intéressent. Ce sont des sujets qui nous concernent tous, même par défaut. Les thèmes communs de ces trois histoires vont au-delà de leur aspect strictement militant. Il s'agit de raconter comment des gens tentent de prendre leur destin en main, de s'émanciper d'une condition ou d'un contexte. Il s'agit de gens debout et actifs. Tous ces parcours ont des limites et des échecs que je n'ignore pas et qui participent aussi de leur intérêt. Les « héros » au sens où on l'entend traditionnellement en bande dessinée ne m'intéressent pas.
Le fait que Un homme est mort soit publié juste après Les Mauvaises Gens relève du hasard de calendrier. Mais ces deux livres se répondent de façon étonnante.


Plus je creuse la question, plus il m'apparaît évident que la bande dessinée est un média idéal pour évoquer le réel, notamment grâce à sa légèreté technique, et sa capacité de proximité. Le reportage et le documentaire ne sont pas les seules façons d'aller dans ce sens. Une fiction, nourrie d'observations de la vie quotidienne, peut s'inscrire dans cette démarche. Je ne suis pas rassasié. Je ferai encore pas mal de livres dans cette direction.

 
195O. Brest est un immense chantier. De la ville fortifiée, aux ruelles étroites, une nouvelle ville va surgir, orthogonale, rectiligne, ordonnée, moderne. Ce sera Brest-la-Blanche,  qui deviendra très vite Brest-la-Grise.
Mais face aux revendications salariales des ouvriers travaillant à la reconstruction, les patrons refusent de céder. La grève générale est déclarée. Les chantiers sont immobilisés, les ouvriers de l'Arsenal rejoignent le mouvement.
Et le 17 avril, le drame se produit. La police, dépassée par l’ampleur du mouvement, tire sur la foule, blessant plus de vingt personnes et tuant un homme. Édouard Mazé.
Le lendemain, appelé par la CGT pour tourner un film sur le mouvement, René Vautier débarque clandestinement à Brest. Il est alors recherché par la police suite à un premier film documentaire, Afrique 50, témoignage sans concessions du système colonial français d'après guerre.
René arrive dans une ville en état de siège. Le lendemain ont lieu les obsèques d'Édouard Mazé.
Une foule immense, un peuple entier accompagnera son cercueil.
En s’attachant à la véracité des événements, en respectant la parole des témoins, Kris et Étienne Davodeau nous redonnent l’espoir en l’homme et en sa faculté à lutter pour sa liberté.



« La mémoire qui ne flanche pas », par Kris

Plusieurs raisons m’ont fortement motivé à écrire ce récit, des raisons qui n'ont rien à voir avec une quelconque nostalgie pour les combats ouvriers d’hier.
Ma première motivation fut avant tout la destinée même du film de René Vautier, « Un homme est mort », d'autant plus qu'aucune copie de ce film n’a subsisté. Prévu pour témoigner d'un mouvement social, il en est devenu l'un des acteurs, nourrissant en retour les acteurs de ce même
mouvement. Un art témoin devenant acteur en quelque sorte, une alliance rare et pour le moins précieuse.
Ensuite, son actualité, malgré cinquante années de distance, m'est apparue comme évidente. À l'heure où l'art et les créateurs participent des loisirs et de la distraction d'une société qui se voudrait ludique, il m'a paru important de montrer que l'engagement des artistes peut-être autre chose que futile et superficiel. Enfin, je voulais réaliser en bande dessinée un véritable documentaire sur cette histoire, de rétablir un nouveau témoignage en utilisant les multiples possibilités narratives d'un récit dessiné.
En effet, la bande dessinée permet une liberté de retranscription quasi-totale : images d’archives, textes, témoignages, photos, peintures et bien évidemment re-création par le dessin, tout peut être inclus dans une bande dessinée.
Et puis il y a Brest. Brest totalement détruite. Brest dont, cinq ans après la guerre, seul le centre de la ville est en reconstruction, Brest dont les habitants sont revenus, récupérant des bâtiments en ruine, tentant de les rendre habitables avec des bouts de ficelle. Brest, où des milliers d’ouvriers travaillent sur les chantiers, logés dans des centaines de baraquements, Brest où on fait avec ce qui est encore debout.
Et puis, il y a René Vautier qui, avec la malice qui le caractérise toujours aujourd’hui, nous a donné son « absolution » pour mener à bien ce projet en concluant : « Quand je pense à ceux qui se donnent tant de mal pour effacer certaines mémoires ».