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Étienne, la bande dessinée et lui
C’est dans la proximité qu’une des grandes forces de la bande dessinée réside. On parle au creux de l’oreille du lecteur.
En bande dessinée, comme ailleurs, j’aime découvrir des œuvres très personnelles, et dans ce cas je pardonne volontiers les approximations techniques. J’ai peu de respect pour les suiveurs.
Mon dessin me pose peu de problèmes. J’adore dessiner. Je dessine tous les jours. Mais je le laisse vivre sa vie. Je pratique un dessin brut, totalement asservi à mes récits. Mon dessin est mon outil. Pour l’entretenir, je fais des croquis d’après nature.
Le fait de faire des récits sur des militant(e)s et de leur donner la parole ne fait pas forcément de moi un auteur militant. Je n’ai pas l’impression d’en être un. Je veux toujours donner la priorité à ma pratique artistique sans la soumettre à une vision ou un idéal politique. Je suis d’abord un auteur de bande dessinée. L’idée, c’est de raconter une histoire qui n’a pas eu à mon sens la lumière qu’elle méritait.
Plus je creuse la question, plus il m'apparaît évident que la bande dessinée est un média idéal pour évoquer le réel, notamment grâce à sa légèreté technique, et sa capacité de proximité. Le reportage et le documentaire ne sont pas les seules façons d'aller dans ce sens. Une fiction, nourrie d'observations de la vie quotidienne, peut s'inscrire dans cette démarche. Je ne suis pas rassasié. Je ferai encore pas mal de livres dans cette direction.
J’ai envie de faire mes livres comme je l’entends. Je ne demande pas grand-chose d’autre. Je ne suis pas prêt à faire de la bande dessinée à n’importe quel prix, et j’ai envie de ne pas gâcher ma chance. Je fais chaque livre comme si c’était le dernier.
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Du Constat à Lulu Femme Nue, en passant par Un homme est mort et Chute de vélo, Étienne Davodeau, finalement, parle toujours des gens. Pas de ce que l’on appelle les masses, pas de la foule (dont il dit qu’il n’attend rien de bon : « Pour moi, la foule n’est pas une extension de l’idée d’individu mais sa négation »). Des gens. Des gens de la vie quotidienne, des gens dans leur vie de tous les jours, avec leurs bonheurs, leurs peines et leurs combats, qui sont aussi un peu les nôtres. Et ses gens à lui, il ne va pas bien loin pour les trouver. Ils sont juste à portée de main (qui tient le crayon), à portée de cœur. Son talent fait le reste : ces récits intimistes, solidement ancrés dans le réel, même quand ils relèvent de la fiction, sont autant d’œuvres universelles et intemporelles.
Pour suivre Lulu Femme Nue pas à pas, rendez-vous sur : www.lulufemmenue.blogspot.com
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| La biographie |
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Étienne Davodeau, 42 ans, vit en Anjou.
En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, et la création du studio BD Psurde, il publie chez Dargaud la trilogie « Les Amis de Saltiel », puis Le Constat. Puis, chez Delcourt, Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
En 2001 il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix — peu fréquent en bande dessinée — d'inscrire le monde réel au cœur de son travail.
Il s'intéresse aussi à la bande dessinée pour enfants (il scénarise « Les Aventures de Max & Zoé », dessin de Joub, 5 titres parus). Il réalise, avec David Prudhomme au dessin, l'adaptation en bande dessinée de l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles.
Après avoir publié dans la collection “Aire Libre” de chez Dupuis Chute de vélo (Prix des libraires spécialisés 2005), il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand prix 2005 de la critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. Enfin, avec Kris, il met en images dans Un homme est mort les manifestations ouvrières à Brest en 1950, l’assassinat d’un militant par les forces de l’ordre, et le destin fabuleux du film que le cinéaste René Vautier avait tourné en ces circonstances.
Novembre 2008 : Parution du premier tome de Lulu, femme nue chez Futuropolis.
Le site d’Étienne : etiennedavodeau.com
UN HOMME EST MORT Texte de Kris, Futuropolis.
GERONIMO Dessin de Joub, un tome paru, Dupuis.
LES MAUVAISES GENS Delcourt
CHUTE DE VÉLO Collection « Aire Libre », Dupuis
RURAL ! Delcourt
LA TOUR DES MIRACLES Adaptation du roman de Georges Brassens, dessin de David Prudhomme, Delcourt
QUELQUES JOURS AVEC UN MENTEUR Delcourt
LE RÉFLEXE DE SURVIE Delcourt
LA GLOIRE D’ALBERT Delcourt
CEUX QUI T’AIMENT Delcourt
MAX ET ZOÉ dessin de Joub, 5 tomes parus, Delcourt
LE CONSTAT Dargaud |
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