En librairie le 7 mars

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On vous gâte, on vous gâte! Trois livres à la narration irréprochable, trois livres aux ambiances graphiques fortes, trois récits de vie prenants…
Futuropolis vous emmène au fond de la mine, en plein coeur de l’Afrique et sur la route: quelle histoire choisirez-vous? Bonne chance à tous.

Kongo, de Christian Perrissin et Tom Tirabosco

Publiée en 1899, Au cœur des ténèbres est certainement la nouvelle de Joseph Conrad, la plus célèbre et la plus souvent adaptée. Que ce soit au cinéma (Coppola et Herzog, pour ne citer que les plus connus), à la télévision, et même en jeu vidéo ! C’est au sein même de son expérience personnelle au Congo, que l’écrivain avait été cherché l’essence de son récit. Et c’est sur ce voyage, que Christian Perrissin et Tom Tirabosco ont axé leur biographie de Conrad, romancier de la mer, et plus généralement du voyage et de l’aventure.

 Mai 1890. Le capitaine au long cours de la marine britannique, Josef Konrad Korzeniowski quitte Bruxelles, puis Bordeaux pour le Congo, en dépit d’un sentiment d’appréhension inhabituel chez lui… Il part pour trois ans, mais qu’est-ce pour lui, après six années passées en Orient, ou son séjour en Australie. Il a été embauché par une compagnie belge, pour prendre le commandement d’un steamer, afin de remonter le fleuve jusqu’au Haut-Congo, une région de ténèbres… Car là est officiellement leur mission à tous ces messagers de lumière. Au nom du roi Léopold, « tout ce qui se réalise au Congo à pour but premier le développement du territoire et l’émancipation des populations » qu’il faut sauver de leurs mœurs effroyables. La réalité est bien sûr tout autre, il s’agit avant tout de pourvoir aux intérêts commerciaux de la compagnie via le trafic d’ivoire, et de prendre de vitesse les autres pays européens et arabes dans leur course à la colonisation, afin d’être les premiers à arracher les richesses des entrailles de ce pays…

Dès les premiers jours de voyage, les pressentiments du capitaine se confirment : cette mission sera difficile pour lui. À commencer par le fait qu’il vit mal la séparation d’avec sa tante chérie, à qui il écrit quotidiennement. Ténériffe, Libreville, ils arrivent à Boma mi juin. C’est maintenant à pied, qu’ils entreprennent une marche de plus d’un mois avec une trentaine de porteurs, pour rejoindre Kinshasa et le fleuve. Le voyage est rude, la jungle est intense, la faune impitoyable.

Début août, au moment de rendre son commandement, Konrad comprend qu’il ne sera que le second et que le commandant Rasmus Koch ne sera pas un allié… Le fleuve est dangereux, courants, bancs de sable, arbres morts, crocodiles… La navigation est périlleuse et épuisante, la malaria affaiblit les Blancs les uns après les autres, mais le pire pour lui est la mentalité colonialiste de ses compagnons, tellement à l’encontre de ses idéaux. «De sordides aventuriers, des téméraires sans vaillance, des cupides sans audace, des cruels sans courage»…

De Christian Perrissin, chez Futuropolis: Martha Jane Cannary (3 tomes parus, avec Matthieu Blanchin) et La Colline aux mille croix

De Tom Tirabosco, chez Futuropolis: La Fin du monde et Sous-sols (avec Pierre Wazem)

Découvrez les 20 premières pages de Kongo, en accès libre sur notre blog: http://www.futuropolis.fr/en-prepublication-kongo-de-christian-perrissin-et-tom-tirabosco

Au vent mauvais, de Rascal et Thierry Murat

Quand tous les espoirs s’effondrent, autant tout recommencer à zéro. Pour Abel Merian, son nouveau départ dans la vie prend la forme d’un voyage en Italie à la rencontre d’une mystérieuse inconnue. Rascal et Thierry Murat signent un road-comics mélancolique, désabusé, aux effluves d’enfance, que ne renierait sans doute pas Wim Wenders…

À sa sortie de prison, au bout de sept ans, Abel Mérian n’a pour tout bagage que le célèbre sac à carreaux Tati et les fringues qu’il a sur le dos. Personne n’est là pour l’attendre. Il n’est cependant pas très inquiet, son butin l’attend, planqué dans une vieille usine. Cet argent gagné sans effort, si ce n’est à la sueur de la peur, devrait lui permettre de se la couler douce pendant un bon bout de temps. Mais lorsqu’il retourne en lointaine banlieue pour le récupérer, il découvre que l’usine a été transformée en musée d’art moderne, et que son magot a certainement été coulé dans le béton. Dépité, déambulant dans le musée sans but, Abel pense qu’il est vraiment devenu un « mec dans la merde jusqu’au cou ». C’est alors que sonne un portable, oublié sous une banquette. C’est sa propriétaire, une jeune femme en partance pour l’Italie, qui lui demande de le lui envoyer par la poste. Abel, en fouillant les sms et autres photos de l’appareil, découvre que la jeune fille est en pleine rupture amoureuse. Et lui, il aime déjà sa voix et ses beaux yeux noirs… Alors plutôt que de perdre son temps à poireauter à la Poste, il décide de faire ce qu’il sait faire de mieux : il pique une grosse berline allemande, avec un vieux chien en option sur la banquette arrière, pour se rendre à l’adresse qu’elle lui a donnée, et lui remettre en main propre le téléphone …

En route pour l’Italie, il fait d’abord un petit crochet par le cimetière où ses parents sont enterrés, par la maison de son enfance et la forêt complice de ses jeux et fugues d’adolescent. Quand le chien, déjà ami, s’éteint, il est opportunément remplacé par un jeune gamin, Kévin, qui se présente à lui telle une apparition de Jésus ou plutôt comme le Petit Prince devant Saint-Exupéry. Grâce au fond de caisse du garage du beau-père de Kevin, ils peuvent faire le plein du réservoir et de leurs estomacs, et passer la frontière. Lors d’un détour par la mer, à Rimini, Kevin craque pour une jolie jeune fille et Abel reprend la route, seul. Il n’est plus très loin de sa destination, et même si le portable s’est éteint, faute de batterie, il est serein…

De Thierry Murat, chez Futuropolis : Les Larmes de l’assassin

Sang noir, de Jean-Luc Loyer

S’appuyant sur les témoignages et les journaux de l’époque, Jean-Luc Loyer raconte le terrible drame qui survient en 1906, dans la mine de Courrières. Une catastrophe industrielle et humaine qui engendra des luttes et grèves retentissantes mais des acquis sociaux tout relatifs. Un album érudit et extrêmement documenté, qui n’oublie pas d’évoquer la vie des familles de mineurs, leur entraide chaleureuse dans le quotidien et leur solidarité dans l’adversité et le malheur. 

Au début du XXe siècle, la France est en plein essor industriel. De nombreuses innovations technologiques sont apparues, qui ont donné un véritable coup de fouet à l’économie. Le Nord, avec le textile, l’acier et surtout le charbon, explose en terme de productivisme. Le département du Pas-de-Calais compte à lui seul, 120 puits de mine, qui produisent quelque 20 millions de tonnes de charbon. Grâce aux grèves et luttes syndicales de la fin du siècle passé, être mineur, c’est alors bénéficier de nombreux privilèges, comme un temps de travail journalier réglementé, un logement à loyer très faible, un accès gratuit aux soins médicaux et à la retraite…

Mais à partir de 1905, la demande accrue de charbon bouleverse la donne. Les patrons ne s’occupent plus trop des lois et font fi de la sécurité de leurs ouvriers. Et ils embauchent des garçons et des filles dès 12 ans pour descendre dans la mine. Le fils Pruvost fait partie de ceux-là. Il a 14 ans, mesure 1m55, pèse 47 kg. Il devient galibot (apprenti mineur) sous le matricule 635.

Le 10 mars, entre 6h30 et 6h40, une explosion d’une violence inouïe (dont les causes demeurent inconnues jusqu’à ce jour) propage en quelques secondes,  une trombe de flammes sur plus de cent kilomètres de galeries. En fin de journée, seuls 576 mineurs ont pu s’extirper du brasier. Plus de 1000 manquent à l’appel. La recherche des survivants cessera trois jours après la catastrophe ; on retrouva pourtant 13 rescapés vingt jours plus tard. Il y aura 1099 morts au total, dont 242 enfants… Le petit Pruvost en réchappera. Les obsèques seront organisées le 13 mars. Dès le lendemain, les mineurs de tout le grand Nord descendront dans les rues, pour manifester et faire grève. Ils seront bientôt 50 000, puis 70 000 à battre les pavés nordistes… Le 11 juillet 1906, la compagnie de Courrières sera dégagée de toute responsabilité : la France a besoin de son charbon !

Pour pousser la curiosité un peu plus loin : http://www.chm-lewarde.com/fr/index.html


Kongo, de Christian Perrissin et Tom Tirabosco
Kongo -p1 ©Futuropolis 2013
Kongo -p2 ©Futuropolis 2013
Kongo -p3 ©Futuropolis 2013
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Kongo -p5 ©Futuropolis 2013
Au vent mauvais, Rascal et Thierry Murat
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Sang noir, Jean-Luc Loyer
Sang noir -p1 ©Futuropolis 2013
Sang noir -p2 ©Futuropolis 2013
Sang noir -p3 ©Futuropolis 2013
Sang noir -p4 ©Futuropolis 2013
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Publié le 7 mars 2013 - Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,


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