En librairie le 5 mai

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Pour bien commencer ce mois de mai, Futuropolis vous propose le récit d’une entreprise en lutte contre l’ultra-libéralisme, l’histoire d’un tirailleur marocain malmené par l’état Français, les souvenirs d’enfance et d’adolescence d’un auteur fragmenté et l’authentique histoire d’un homme atteint de la « folie du fugueur »… Des histoires vraies, des histoires fortes!

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Le Captivé, de Christophe Dabitch et Christian Durieux

Fin du XIXe siècle, à Bordeaux, Albert Dadas est le premier patient atteint de la « folie du fugueur » a être soigné. Le jeune psychiatre, Philippe Tissié, allant à l’encontre des récents écrits de Charcot, utilise l’hypnose. Cette rencontre changera leur vie à tous les deux. Sur ce sujet hors norme et méconnu, après un travail fouillé de documentation, Christophe Dabitch reconstitue la vie d’errance d’Albert Dadas et la resitue dans le contexte médical de l’époque. Christian Durieux, de son trait délicat et plein d’empathie, donne chair à un personnage doux et effaré.

Modeste employé à Bordeaux dans les années 1880, Albert Dadas a commencé à « fuguer » dès l’adolescence, suite à une chute sur la tête. À l’énoncé d’un nom de ville ou de pays, comme un somnambule, il part, quitte sa maison et commence à marcher. Ça se passe toujours ainsi : « Tout d’un coup, j’ai très chaud, j’ai des suées, j’ai mal à la tête… Il faut absolument que je marche… Et après je ne me souviens de rien. » Il ne sait pas quand il part. Il le sait après, et en est extrêmement malheureux. Ses périples involontaires le mènent à Pau, Paris, Marseille mais aussi en Algérie, à Moscou (où il sera enfermé, soupçonné d’avoir tué le tsar !), Poznan en Pologne, Vienne en Autriche, Liège… Il peut parcourir jusqu’à 70 km par jour ! Et il se « réveille » à l’hôpital ou en prison, sans papiers, sans argent… En mai 1886, il rencontre Philippe Tissié, un jeune interne en psychiatrie à l’hôpital Saint André de Bordeaux, qui parvient à le soigner. Dadas pourra enfin mener une vie normale, se marier et avoir une fille. Le docteur décrira dans sa thèse, sa passion impulsive pour la marche et les voyages ; ses théories le rendront célèbre. Au delà d’un récit clinique de médecin, Le Captivé est aussi une surprenante histoire d’errance, une ode au voyage.

Du même scénariste, chez Futuropolis: Abdallahi (intégrale) et Jeronimus (intégrale), avec Jean-Denis Pendanx, La Ligne de fuite et Mauvais garçons (intégrale), avec Benjamin Flao

Du même dessinateur, chez Futuropolis: Le Pont, Appelle-moi Ferdinand, La Maison d’Éther et Un enchantement

Christophe Dabitch et Christian Durieux seront en dédicace le samedi 24 mai à la librairie BD Fugue de Bordeaux

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Johnson m’a tuer, de Louis Theillier

Un reportage au cœur d’une usine qui se bat contre sa délocalisation et le cynisme de ses dirigeants. Un témoignage exceptionnel, d’une précision documentaire pour partager les doutes, le dégoût et l’incompréhension de ces hommes et de ces femmes victimes de la logique froide du marché et du système capitaliste. C’est à la fois un récit édifiant sur l’Europe ultra-libérale et un livre de colère, au nom de tous les travailleurs.

Cela fait cinq ans que Louis Theillier travaille chez Johnson Mattey, une des plus grandes multinationales d’Angleterre, présente dans trente pays, employant près de dix mille personnes dans le monde. « JM » est le leader mondial de l’exploitation de platine et métaux précieux, fabriquant des catalyseurs destinés aux grands groupes industriels et automobiles. Le 31 janvier 2011, le directeur du site de Bruxelles annonce aux 300 employés la fermeture de l’usine, qui ne serait pas assez rentable et nécessiterait trop d’investissements. En réalité, le groupe est largement bénéficiaire mais la direction préfère simplement délocaliser en Macédoine, là où les ouvriers ne seront payés que trois cents euros par mois ! Incrédulité, colère, dégoût et inquiétude gagnent les ouvriers face aux mensonges du patronat et à la nouvelle réalité de leur situation. Dès le premier jour, Louis Theillier, à la fois acteur et témoin, tel un reporter infiltré, décide de réaliser le journal de bord du conflit social, avec le Bic fourni par son employeur ! Il relaie au jour le jour les événements au sein de l’usine, à travers un blog BD et une microédition interne, de façon à rendre compte de la situation des travailleurs, particulièrement représentative du malaise social ambiant. Des actions de blocage, en passant par les assemblées et les négociations, jusque dans l’attente du plan social, Louis Theillier met en scène les doutes, la rage, l’espérance, la fraternité et la lutte des ouvriers qui parlent ainsi au nom de tous les travailleurs victimes du libéralisme et des délocalisations d’entreprises.

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S., de Gipi

Dessinateur prodigieux et écrivain subtil, Gipi est l’une des figures majeures de la bande dessinée contemporaine. Avec S., un récit bouleversant, tout à la fois personnel et universel, Gipi emporte son lecteur dans un maelström d’émotions fortes.

S. est un récit de souvenirs, dans lequel Gipi dessine en quelques moments clés la vie de son père récemment décédé. Entremêlant ses propres souvenirs d’enfant et d’adolescent — amplifiés, déformés, chimériques — sous forme de petites anecdotes du quotidien, que l’on devine maintes fois racontées au cours des repas familiaux, il reconstruit l’image d’un père impressionnant, aimé et admiré. Ce sont aussi les souvenirs de la guerre, des bombardements, des morts. Des histoires de peur au ventre, d’un père caché dans les clapiers à lapins, en entendant les bombes, comme celle d’un fils, contraint de passer la nuit seul avec son cousin, sur une plage, dans le froid… Des histoires qui ont régi la vie d’un homme et de sa famille, provoquant silences, incompréhensions et conflits sourds. Par fragments, choisissant une narration déstructurée, au rythme saccadé, Gipi reconstitue sa propre histoire, mêlant ce que l’on ressent enfant et ce que l’on comprend adulte. Une bio et autobiographie qui évitent tous les pièges convenus du genre pour donner à l’être humain la force de ses ambiguïtés.

Du même auteur, chez Futuropolis: Ma vie mal dessinée et Vois comme mon ombre s’allonge.

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Le Tirailleur, d’Alain Bujak et Piero Macola

C’est l’émouvant portrait d’un ancien tirailleur marocain, arraché à son pays à l’âge de 17 ans, et à qui la France n’a jamais rendu justice, comme à tous ses frères d’armes. Ils sont les oubliés de la nation… C’est à l’occasion d’un reportage photographique, qu’Alain Bujak a rencontré Abdesslem dans un foyer social à Dreux, où il résidait neuf mois de l’année, loin de sa famille, pour pouvoir percevoir une maigre allocation vieillesse. De leurs discussions, il en a tiré un témoignage intime auquel Piero Macola apporte son trait délicat et ses couleurs subtiles, qui magnifient l’émotion de ce récit.

1939, Maroc. Abdesslem s’engage pour quatre ans dans le 4ème Régiment des Tirailleurs Marocains (RTM). Il a plus ou moins 17 ans. Il ne connait pas son âge exact. En octobre 39, le 4ème RTM est mobilisé. C’est une drôle de guerre : « On ne faisait que marcher, creuser des trous, poser du fil barbelé, transporter du matériel, marcher des journées entières. Il n’y avait pas de combats. On attendait ; ça nous rendait nerveux. Le froid, la faim, la fatigue… ». En mai 40, les Allemands pilonnent le RTM. Les jeux sont faits. Ils se replient dans l’idée de rejoindre Marseille en suivant la direction du soleil le jour, les voies ferrées la nuit, afin d’embarquer pour le Maroc. Mais ils sont faits prisonniers par les Allemands et sont parqués dans des conditions déplorables, dans un « frontstalag » en France, un camp réservé aux prisonniers de couleur, tous issus de colonies françaises… Quand en 42, il est enfin de retour au Maroc, il réintègre le 4ème RTM pour crapahuter dans le Moyen-Atlas. Il n’obtient sa première permission que trois ans après être parti de chez lui ! D’enrôlements contraints en réengagements volontaires — pour pouvoir percevoir une retraite militaire —, la guerre devient son métier. Ce n’est qu’en 54, qu’il quitte définitivement l’armée, après avoir encore combattu deux ans en Indochine. Revenu dans son village natal, il retrouve les siens et leur quotidien simple et modeste, rythmé par le travail de la terre et leur vie de berger. Il est à sa place, là, « sur ces montagnes où l’air sent si bon qu’on a envie d’en manger ». Et pourtant, les temps changent, c’est la fin du protectorat de la France sur le Maroc, la réévaluation des retraites militaires est gelée, et partout, l’heure est à la modernité. Peu à peu, Abdesslem est rattrapé par le besoin d’argent : « Comment acheter tout ce que tu peux pas cultiver quand tu n’en as pas les moyens ? ». C’est ainsi qu’en 2004, il s’installe à Dreux pour pouvoir toucher une petite allocation vieillesse, qui aide ses proches à subvenir à leurs besoins. C’est à cette époque qu’Alain Bujak fait sa connaissance. En 2010, Abdesslem renonce à cette pension pour vivre ses vieux jours auprès des siens. Il a 86 ans.

Découvrez les premières pages en prépublication sur notre blog: http://www.futuropolis.fr/en-prepublication-le-tirailleur-dalain-bujak-et-piero-macola

et découvrez en vidéo la genèse de cette rencontre : https://youtu.be/oFmS2ZrwGxE

 


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Publié le 5 mai 2014 - Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,


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