En librairie le 5 avril

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Découvrons le fil de nos parutions en ce mois d’avril particulièrement riche en magnifiques publications: le désormais monumental « Journal d’un corps », de Daniel Pennac, illustré par Manu Larcenet, le délicat et sensible « L’Entrevue » de Manuele Fior, le passionnant et nécessaire « Toi au moins, tu es mort avant » de Sylvain Ricard et Daniel Casanave et la magnifique intégrale du « Sourire du clown », des fameux Luc Brunschwig et Laurent Hirn…

En ces temps difficiles, concentrons nous sur l’essentiel : les livres, les beaux livres, qui nous émeuvent, nous surprennent et nous emportent au-delà de nos existences fragiles.

 

 

 L’Entrevue, de Manuele Fior

Auréolé de multiples prix internationaux, reçus pour 5000 kilomètres par seconde, Manuele Fior revient avec une surprenante histoire d’amour et d’extraterrestres, à moins qu’il ne s’agisse d’une histoire de science fiction sentimentale… Le dessin chaleureux, fluide et dense de Fior fait à nouveau merveille.

2048, en Italie. Parce qu’il croit voir un vaisseau spatial dans le ciel, Raniero, un psychologue âgé d’une cinquantaine d’années, est victime d’un accident de la route. En instance de divorce, sa voiture en miettes, son cou maintenu par une minerve, il continue cependant à travailler au sein de la clinique psychiatrique dans laquelle il exerce. Une nouvelle patiente de 21 ans, Dora, vient d’y être admise pour des hallucinations élémentaires visuelles et des moments psychotiques. Raniero la prend en charge. Dora prétend avoir vu également le vaisseau spatial, être en contact télépathique avec les extra-terrestres, ainsi qu’avec lui, donc elle perçoit toutes les pensées ! Troublé par ses révélations, Raniero perd un à un tous ses repères, d’autant que sa femme et lui sont victimes d’une agression violente, qui détruit à jamais le peu d’affection qui restait entre eux. Dora, adepte de la nouvelle convention, qui se base sur le principe de la non-exclusivité émotive et sexuelle, lui tourne la tête malgré lui, au point de ne pouvoir résister. Ils passent une nuit ensemble, celle-là même où les extra-terrestres mènent une nouvelle offensive, que cette fois tout le monde peut voir et subir : les satellites étant piratés, tous les moyens de communication sont HS, les transports à l’arrêt, la planète s’arrête de tourner rond. Est-ce vraiment une menace contre l’humanité ? N’est pas plutôt la preuve que nous ne sommes plus seuls dans l’univers ? Et qu’une nouvelle ère commence, une vie magnifique ?

Découvrez les vingt premières pages de ce livre, toujours en accès libre sur notre blog: http://www.futuropolis.fr/le-nouveau-livre-de-manuele-fior-en-prepublication

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Journal d’un corps, roman de Daniel Pennac, illustré par Manu Larcenet

Un an après L’Étranger d’Albert Camus, que José Munoz a souhaité accompagner de ses dessins, c’est au tour de Manu Larcenet de s’emparer d’une œuvre surprenante pour se l’approprier. Le récit qu’il a choisi est le dernier en date publié par Pennac, en janvier 2012. Un nouveau livre donc, pour cette collection coéditée avec Gallimard, où dessins et écrits se répondent, suscitent un nouveau regard, une autre lecture. Une collection qui se construit au rythme de véritables rencontres, de la nécessité impérieuse pour des créateurs d’ouvrir un dialogue intime avec des écrits au plus près de leur sensibilité, de leurs émotions de lecteur et d’être humain.

Dans ce récit de Pennac, le narrateur tient un journal intime, celui de son corps. Le corps comme personnage principal, comme héros. Il y consigne ses avanies, son évolution tout au long de sa vie, car il a voulu écrire ce dont personne jamais ne parle. Qui raconte les fonctions et humeurs organiques de son corps ? Respirer, voir, entendre, saliver, avaler, vomir, pisser, chier, péter, dormir, la faim, l’orgasme, la peur, le vertige, le KO… C’est une épopée épique des fluides corporels, des organes et autres manifestations de la tuyauterie humaine, impudique, sans tabou, grave, ludique et jouissive. C’est la vie romanesque des chairs et des viscères, des fluides et des nerfs. Un drôle d’inventaire des découvertes et des surprises sans fin que réserve le corps à son propriétaire, et ce qui souvent dérangent ou fait peur devient soudain matière à sourire. Avec ses dessins amples, denses et précis, Larcenet met en exergue ce qui l’a touché, ému, dégouté, enchanté, étonné ou fait rire dans ce Journal d’un corps. Une vision sombre, parfois cruelle, toujours libre, toute personnelle et majestueuse.

C’est la rencontre évidente et impérieuse de deux fortes personnalités, qui aboutit à une aventure éditoriale sans équivalent.

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Toi au moins, tu es mort avant, d’après le roman de Chrònis Mìssios, adapté par Sylvain Ricard et Myrto Reiss, mis en dessin par Daniel Casanave

Dès son plus jeune âge, rebelle et frondeur, le Grec Chronis Missios (1930-2012) a été un révolutionnaire communiste. Son histoire, il l’a racontée dans une étonnante biographie parue en Grèce, en 1985, et devenue un best-seller. Subjugués par ce destin hors norme, Sylvain Ricard, Myrto Reiss et Daniel Casanave ont eu envie de le faire connaître. En adaptant le récit de Missios en bande dessinée, ils rendent hommage à un homme de convictions. 

1946 : la Grèce sort de la Seconde Guerre mondiale pour tomber dans le chaos de la guerre civile. Chrònis Mìssios, un jeune communiste de 16 ans  est arrêté et condamné à mort. La veille du jour de son exécution, les gardiens de prison préfèrent s’amuser à tirer au sort le nom de celui qui sera exécuté le lendemain. C’est ainsi que Missios échappe une première fois à la mort. Peu de temps après, les politiques condamnés à mort voient leur peine commuée en perpétuité. Missios écope de trois perpètes, plus deux fois vingt ans de réclusion, une fois 15 ans et quelques bricoles ! Il restera 21 ans enfermé, balloté de prisons en prisons, quelles soient réservées aux mineurs, agricoles, psychiatriques ou pour les drogués, à Corfou, Athènes ou ailleurs… Affamé, avili, torturé, jamais il ne pliera et ne cèdera. Jamais il ne signera la déclaration de sa reddition, jamais il ne reniera son idéologie politique. Chrònis Mìssios raconte tout cela, et à sa sortie de prison son opposition à la dictature des colonels. C’est la fin du rêve communiste, de ses martyrs au dévouement admirable…

« C’est seulement après avoir beaucoup lu et beaucoup vécu, que j’ai compris combien la route révolutionnaire est unique et solitaire. » Chronis Missios.

Le roman de Chrònis Mìssios a été traduit du grec par Michel Volkovitch: http://www.volkovitch.com/F02_13.htm

Pour pousser votre lecture un peu plus loin: http://publie-net.com/tag/chronis-missios/ et pour en savoir un peu plus sur Chrònis Mìssios,: http://www.monde-diplomatique.fr/1986/06/MISSIOS/39301

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Le Sourire du clown, version intégrale*, de Luc Brunschwig et Laurent Hirn

Le Sourire du clown est un polar haletant sur fond de chronique sociale. Servi par le graphisme élégant et impeccable de Laurent Hirn, Le Sourire du clown, évitant maniérisme et démagogie, démontre que des auteurs peuvent mener leurs  réflexions en restant accessibles. Une oeuvre de maturité DES deux créateurs à découvrir in extenso. Il fallait le culot des auteurs du Pouvoir des innocents pour s’attaquer à la vie dans une cité de banlieue sans pour autant faire une oeuvre racoleuse ou superficielle. En trois volumes denses, Luc Brunschwig et Laurent Hirn évitent les clichés inhérents à ce type de récit pour nous livrer une histoire forte, palpitante mais surtout touchante, un récit de vie tout simplement.

Grocko et Clock sont deux vieux clowns quinquagénaires, qui n’ont jamais réellement connu le succès. Depuis des années, ils transportent, de villages en petites cités de banlieue, leur spectacle de rue, gagnant leur vie, vaille que vaille, menant pourtant toujours à bien la minuscule mais valeureuse mission qu’ils se sont fixée : apporter un peu de rire et d’émotion là où ils passent. Leur tournée les a menés jusqu’à la cité des Hauts-Vents, un labyrinthe de tours HLM, en marge d’une petite ville industrielle, où règne tristesse et mélancolie. C’est là que se termine le voyage des deux complices. Grocko est assassiné d’une balle dans la tête, tirée par une mère de famille sans histoire, dans un accès de folie, sous les yeux de son fils Djin, âgé de huit ans, qui suivait depuis peu le clown comme son ombre. Un an plus tard, Djin, sans père et privé de mère, revient à la cité des Hauts-Vents avec son oncle et sa tante. Profondément traumatisé par le crime de sa mère, il ne parle plus, son visage s’est figé. Il est totalement inexpressif, il semble ne plus rien ressentir, il est sans vie.

* La version intégrale réunit les trois volumes initialement parus chez Futuropolis entre 2005 et 2009

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Enfin, pour compléter cette actualité, il est fort possible que ces auteurs soient en dédicace ici et là, ne manquez pas de consulter notre agenda: http://www.futuropolis.fr/rendez-vous-a-ne-pas-manquer-en-avril


L'Entrevue, Manuele Fior ©Futuropolis 2013
L'Entrevue, Manuele Fior ©Futuropolis 2013
L'Entrevue, Manuele Fior ©Futuropolis 2013
L'Entrevue, Manuele Fior ©Futuropolis 2013
L'Entrevue, Manuele Fior ©Futuropolis 2013
L'Entrevue, Manuele Fior ©Futuropolis 2013
Journal d'un corps, Daniel Pennac & Manu Larcenet ©Futuropolis 2013 pour la présente édition
Journal d'un corps, Daniel Pennac & Manu Larcenet ©Futuropolis 2013 pour la présente édition
Journal d'un corps, Daniel Pennac & Manu Larcenet ©Futuropolis 2013 pour la présente édition
Journal d'un corps, Daniel Pennac & Manu Larcenet ©Futuropolis 2013 pour la présente édition
Journal d'un corps, Daniel Pennac & Manu Larcenet ©Futuropolis 2013 pour la présente édition
Journal d'un corps, Daniel Pennac & Manu Larcenet ©Futuropolis 2013 pour la présente édition
Toi au moins, tu es mort avant, Sylvain Ricard, Myrto Reiss et Daniel Casanave ©Futuropolis 2013
Toi au moins, tu es mort avant, Sylvain Ricard, Myrto Reiss et Daniel Casanave ©Futuropolis 2013
Toi au moins, tu es mort avant, Sylvain Ricard, Myrto Reiss et Daniel Casanave ©Futuropolis 2013
Toi au moins, tu es mort avant, Sylvain Ricard, Myrto Reiss et Daniel Casanave ©Futuropolis 2013
Toi au moins, tu es mort avant, Sylvain Ricard, Myrto Reiss et Daniel Casanave ©Futuropolis 2013
Toi au moins, tu es mort avant, Sylvain Ricard, Myrto Reiss et Daniel Casanave ©Futuropolis 2013
Intégrale Sourire du clown, Luc Brunschwig et Laurent Hirn ©Futuropolis 2013

Publié le 5 avril 2013 - Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,


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