En librairie le 4 juin et le 26 juin

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Tout le monde connaît le jour tragique de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand qui fit basculer les hommes dans la Première Guerre Mondiale, mais qui connaît l’histoire de l’assassin, Gavrilo Princip? Et qui connaît l’histoire des femmes du Yémen d’aujourd’hui, fantômes vêtus de noir qui marchent sans bruit mais pas à pas vers leur émancipation? Ce sont ces deux récits que vous propose Futuropolis dès le 4 juin… suivis le 23 juin par le tome 2 tant attendu de Bekame, le petit clandestin à la recherche de son frère en plein Sangatte, et la réédition du désormais classique « Journal d’un fantôme », de Nicolas de Crécy!

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EN LIBRAIRIE LE 4 JUIN
Gavrilo Princip, l’homme qui changea le siècle
, d’Henrik Rehr

Le 28 juin 1914, Gavrilo Princip assassinait à Sarajevo l’archiduc François Ferdinand, événement déclencheur de la Première Guerre mondiale. C’est l’histoire de cet anarchiste dont s’est emparé le trop rare dessinateur d’origine danoise, Henrik Rehr.

Si ce fameux attentat de Sarajevo a été maintes fois commenté, l’homme qui tenait l’arme du crime est resté pour la plupart un illustre inconnu. Gavrilo Princip, serbe de Bosnie-Herzégovine, 7ème enfant d’une famille de 9 enfants, d’extraction très modeste, vécut une enfance et une jeunesse marquées par la pauvreté. À la fin de son école primaire, il fut envoyé à Sarajevo où résidait son frère. Quand un certain Zerajic tenta d’assassiner le gouverneur autrichien Varesanin avant de se suicider, le jeune Gavrilo se fit la promesse de lui aussi, un jour, tuer un «chien d’autrichien» haut placé et de mettre fin à ses jours dans la foulée… Après son renvoi du collège, il se rendit à pied, faute d’argent, à Belgrade afin d’être sur place pour rejoindre l’armée serbe si la guerre éclatait dans les Balkans. Ce fut une période où il côtoya les milieux anarchistes. Quand en 1912, le Montenegro déclara la guerre à la Turquie, il fut refusé par l’armée à cause de sa tuberculose. Il en ressentit une énorme frustration et se sentit extrêmement honteux de ne pouvoir aider son pays et les peuples opprimés. En 1914, quand il fut question que l’archiduc François Ferdinand se rende à Sarajevo, Gavrilo et ses compagnons décidèrent de rejoindre l’organisation terroriste «L’unification ou la mort» et fomentèrent l’assassinat de l’archiduc. Commença pour eux un long périple semé d’embûches pour arriver à Sarajevo. Nedjo, chargé de l’acte ultime, rata son coup. Ce fut quelques heures plus tard que l’opportunité se présenta à Gavrilo d’accomplir leur dessein. Il avait à peine 20 ans. Arrêté et emprisonné, il mourut en avril 1918. Après la guerre, il fut salué comme le héros de l’état yougoslave nouvellement créé.

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Le Monde d’Aïsha, d’Ugo Bertotti

Entre espoirs et luttes, rêves et incertitudes, un témoignage exceptionnel sur la condition actuelle des femmes yéménites. Agnès Montanari, reporter-photographe, a vécu plusieurs mois au Yémen et a réussi à approcher certaines d’entre elles jusque dans l’intimité de leur foyer. Ses récits mis en images par les dessins d’ombre et de lumière d’Ugo Bertotti deviennent une bande dessinée-documentaire empreinte d’humanité.

Elles passent dans la rue sans faire de bruit, glissant comme des fantômes, recouvertes d’un voile noir des pieds à la tête. Sabiha, Hamedda, Aïcha, Nabiha, Ghada, Hafitha… autant de noms, de désirs cachés, de vies brimées derrière des niqabs. De toutes ces femmes, on ne perçoit que leurs regards qui expriment peurs, incertitudes, espoirs, volonté. Vendue en mariage à la sortie de l’enfance, Sabiha rêve de liberté et de sentir le vent caresser son visage. Un jour, elle ose retirer son voile et se pencher par la fenêtre, au risque d’être vue par un étranger… mais c’est son mari qui la surprend. Il la roue alors de coups : « Ne t’avise plus jamais de porter le déshonneur sur cette maison ». Prisonnière du carcan des traditions, elle tente alors dans un ultime effort de fuir ce foyer oppressant, au prix de sa vie. Hamedda, elle, a épousé un homme qui la laisse libre de ses mouvements. Bravant les mauvaises langues qui mettent à mal sa réputation, elle ouvre une cantine pour subvenir aux besoins de sa famille. En dépit des interdits sociaux, elle travaille pour des hommes-soldats pendant la guerre civile en leur procurant un repas chaud et un toit. L’affaire prospère, et à la fin de la guerre, les soldats sont remplacés par les premiers touristes. Refusant de porter la niqab, Hamedda offre le portrait d’une femme indépendante et volontaire. Aïcha a 13 ans. Elle commence à ressentir la pression insistante de sa famille, et en particulier de son frère aîné, pour porter la niqab afin de se soustraire aux regards des hommes dans la rue. Entre ses belles-soeurs traditionalistes, sa mère qui dédramatise le symbolisme du port du voile et ses amies progressistes, Aïcha hésite… Des portraits de femmes bouleversantes qui donnent à voir leur courage pour lutter au quotidien contre les traditions et acquérir leur émancipation. Autant de témoignages qui dessinent un nouveau visage du Yémen, celui de femmes qui n’ont plus peur de lutter pour leur liberté. Une révolution, de moins en moins silencieuse.


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EN LIBRAIRIE LE 23 JUIN

Bekame, tome 2, d’Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié

Suite et fin du périple de Bilel, un jeune adolescent arrivé clandestinement en France et qui se fait appeler Bekame par amour pour le footballeur anglais. S’il rêve de retrouver son frère, en attendant, c’est dans les rues de Sangatte qu’il erre…

De nos jours, dans le Nord-Pas de Calais. Toujours à la recherche de son frère, Bilel continue de fricoter avec des passeurs et autres petits truands. Car paradoxalement, cet enfant attachant, lui même recherché par une famille d’accueil, voit le piège humain de Sangatte se refermer sur lui. Sangatte est une vraie bonne initiative que l’on peut voir comme un endroit où l’on s’est réellement occupé des migrants (à la place de l’état) mais on peut voir aussi Sangatte comme le réservoir de chair fraîche des passeurs… Après avoir retrouvé son frère et compris ce qu’il faisait pour survivre, Bilel va embrasser la même carrière de passeur mais avec une efficacité redoutable, celle d’un enfant sans préjugés, ni morale… juste pour faire comme son frère… simplement parce qu’il aime son frère. Sangatte c’est l’Eldorado pourri. Chaque résolution de problème se divise entre l’immédiat et le long terme chacun des deux générant des problèmes antagonistes, on ne peut pas refuser un lieu pour les migrants, mais ce lieu ne fait qu’aggraver leurs problèmes.

Des mêmes auteurs chez Futuropolis : Bekame, tome 1

Du même scénariste, chez Futuropolis : Championzé et Young, avec Eddy Vaccaro, La Faute aux chinois et Clichés de Bosnie avec François Ravard

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Journal d’un fantôme, de Nicolas de Crécy

Réédition du Journal d’un fantôme, un des ouvrages les plus importants de Nicolas de Crécy, où l’auteur a choisi de se mettre en scène, avec comme partenaire et compagnon de voyage, un dessin… Petites réflexions pleines d’humour sur la réalité et sa transcription, sur la contrainte du travail et la liberté de l’émotion, sur le dialogue sans cesse renouvelé du créateur et de sa création. Tout cela par un Nicolas de Crécy plus libre et pertinent que jamais.

Dans Journal d’un fantôme, Nicolas de Crécy nous emmène avec lui en voyage. En voyages pour être précis. Voyages au-delà des frontières pour commencer. Sans être vraiment casanier, Nicolas de Crécy n’aime cependant pas beaucoup voyager (trop loin). Car il lui faut prendre l’avion, et Nicolas déteste l’avion ! Dans Journal d’un fantôme, le vrai voyage proposé par l’auteur, est celui du processus créatif. Comment concilier créativité artistique et travail de commande ? Comment faire quand on est un dessinateur qui apprécie une certaine solitude, pour sortir, aller croquer le monde et s’exposer ainsi au regard trop curieux des autres ? Si cette situation est difficile pour un artiste, essayez d’imaginer combien c’est dur quand on est un dessin. Enfin un dessin, même pas, juste une ébauche. Une ébauche qui ressemblerait assez à une grosse patate. Et que de plus, quand on est exhibé sur la voie publique par son agent qui, lui, n’a qu’une envie… se faire mousser. Avec son humour si personnel, Nicolas de Crécy en profite pour poser quelques questions embarrassantes sur le statut de l’image dans notre monde et plus encore, sur celui du créateur.


GAVRILO-PRINCIP©Futuropolis, 2014
GAVRILO-PRINCIP©Futuropolis, 2014
GAVRILO-PRINCIP©Futuropolis, 2014
GAVRILO-PRINCIP©Futuropolis, 2014
GAVRILO-PRINCIP©Futuropolis, 2014
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Le Monde d'Aïsha ©Futuropolis 2014 pour l'édition française
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Le Journal d'un fantôme  © Futuropolis 2014
Le Journal d'un fantôme -p3 © Futuropolis 2014
Le Journal d'un fantôme -p5 © Futuropolis 2014
Le Journal d'un fantôme -p6 © Futuropolis 2014
Le Journal d'un fantôme -p7 © Futuropolis 2014

Publié le 4 juin 2014 - Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,


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